Les Supercut, ces montages vidéo impitoyables

WEB Ces montages de cinéphiles qui pullulent sur le Net n'épargnent pas les réalisateurs, acteurs et scénaristes, dont les moindres tics sont scrutés...

Annabelle Laurent

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Le supercut commenté de Kevin B. Lee sur les «Spielberg Faces» a été vu plus de 400.000 fois depuis fin 2011. 

Le supercut commenté de Kevin B. Lee sur les «Spielberg Faces» a été vu plus de 400.000 fois depuis fin 2011.  — Capture Youtube

Les Supercut forcent avant tout l’admiration. Car la vidéo que l’on savoure en deux minutes doit bien valoir quelques journées de travail à son auteur. La première définition du terme, qui apparaît sur un blog en avril 2008 ne dit pas autre chose. Un supercut, c’est une vidéo dans laquelle «des superfans obsessionnels compulsifs» compilent «chaque phrase/action/scène d’un épisode (ou de séries entières) de leur film/émission/jeu favori pour en faire un seul montage vidéo».

En diffusant leur œuvre sur le Web, ces «obsessionnels compulsifs» crient certes leur amour pour la série ou le film en question, mais pointent aussi, volontairement ou involontairement, des dialogues clichés ou des tics d’auteurs. Pour notre plus grand plaisir bien sûr.

Recyclage

Le 25 juin, les fans d’Aaron Sorkin sont pris d’une désillusion: Sorkin, LE maître du dialogue, tourne en boucle. Impossible de le nier alors que circule sur le Net «Sorkinisms», un brillant supercut, qui au lendemain de la diffusion du premier épisode de «The Newsroom», juxtapose des expressions et dialogues extraits des différents films et séries sorkiniennes... et pourtant identiques. Sorkin serait-il paresseux? Ou simplement fidèle à lui-même, avec une vraie patte d’auteur? Troisième option: obsessionnel compulsif, comme les auteurs de Supercut.

 Les dents de la mer, La Liste de Schindler, Minority Report... Des intrigues et des décors différents, mais pour les protagonistes, une seule et même réaction devant une situation inattendue: la «Spielberg Face», mi-surprise, mi-émerveillée (ou horrifiée). A travers une vidéo de dix minutes, l’essayiste vidéo Kevin B. Lee analyse les similitudes des «Spielberg Faces», jugeant qu’elles sont pour Spielberg le moyen de nous «ordonner d’être émerveillés à notre tour».



Radotage

Un jeune réalisateur aura beau avoir la meilleure volonté du monde pour «réinventer les codes» du cinéma Hollywoodien, si Flic 1 et Flic 2 se retrouvent devant une sorte de monstre mutant, il y a de fortes chances pour que Flic 1 s’exclame: «Oh oh, we’ve got company» (On a de la compagnie, ndlr). Mais peut-on vraiment lui en vouloir? Même si la paresse d’Hollywood n’est pas franchement un scoop, tous les supercuts sur les dialogues clichés sont des petits bijoux. 

Ca marche aussi en images. Tout film d’horreur se doit de comporter le plan sur le miroir qui, soudain, révèle un tueur/monstre/méchant…

 Et la fameuse chute de la femme dans les comédies romantiques (pourquoi? On lance le débat) …

 Interprétation

Pas facile la vie d’agent du FBI. Surtout quand il faut comme Dana Scully enquêter sur le paranormal... et tomber au passage sur un bon petit nombre de cadavres. Gillian Anderson a donc pu exceller dans l’art du «Oh my God» d’effroi et de surprise, comme l’a montré un supercut diffusé le 4 août et déjà visionné plus de 100.000 fois.



Sur un simple mot, la compétition peut être rude. Que préférez-vous, entre les non-chalants «What?» de Don Draper dans Mad Men, léger froncement de sourcils à l’appui, et les «What?» plus nerveux de tous les héros de «Lost»?



Et un dernier pour la route: qui est le plus crédible?

 

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