Extrait du film «The Dark Knight Rises» de Christopher Nolan. 
Extrait du film «The Dark Knight Rises» de Christopher Nolan.  - Warner Bros

A.L

Torrence Brown Jr était dans la salle de cinéma d’Aurora où a eu lieu la tuerie vendredi dernier. Lui n’a pas été touché. Mais son ami, âgé de 18 ans, est décédé d’une balle dans la poitrine. Affirmant qu’il souffre d’un traumatisme émotionnel, le jeune homme compte poursuivre à la fois les médecins de l’assassin James Holmes, le cinéma, et le distributeur Warner. Les médecins parce qu’ils n’ont pas su anticiper le comportement de leur patient, le cinéma Century parce que les sorties de secours auraient dû être surveillées. Et Warner? Parce que «quelqu'un doit être tenu responsable de la violence endémique qui est montrée aujourd'hui», a t-il déclaré à TMZ. Donald Karpel, son avocat, a du pain sur la planche. Car il est presque impossible qu’il gagne.

Warner peut compter sur le Premier amendement

Pour deux raisons principales. L’avocat de Torrence Brown Jr devrait d’abord démontrer que les studios Warner auraient pu prévoir l’incident, comme l’explique à Reuters Paul Smith, l’avocat de Nintendo et Sony au moment de la fusillade de Columbine. Il n’avait alors pas eu de mal à convaincre le juge que les fabricants de jeux vidéo ne pouvaient pas prévoir que le scénario violent du jeu «Basketball Diaries» soit un jour reproduit par deux étudiants.

Mais surtout, le Premier amendement de la Constitution, qui garantit la liberté d’expression, devrait servir de bouclier très efficace à Warner. La Cour Suprême a rejeté en 2011 une loi californienne qui restreignait la vente de jeux vidéo violents aux mineurs, au motif qu’elle violait le Premier amendement de la Constitution, rappelle Reuters. L’importance du Premier amendement s’est d’ailleurs vérifiée lors d’un cas presque similaire à celui qui devrait opposer bientôt Torrence Brown Jr et Warner. Il concernait Tueurs Nés, le film ultra-violent d’Oliver Stone surtout connu pour la polémique ayant entouré sa sortie. Oliver Stone avait été accusé d’avoir inspiré un crime réel parce que deux ados dont Tueurs Nés était le film culte avaient commis un double meurtre. Le 12 mars 2001, un tribunal de Louisiane avait débouté la famille, estimant que les preuves de l'incitation à la violence dans ce film étaient «insuffisantes».