Melvil Poupaud dans Laurence Anyways. 
Melvil Poupaud dans Laurence Anyways.  - © MK2 Diffusion

Propos recueillis par Caroline Vié

On est épaté, charmé, ébloui, bouleversé par la performance de Mevil Poupaud dans Laurence Anyways. Un travail d’autant plus remarquable que le comédien a remplacé au pied levé Louis Garrel qui devait incarner Laurence. Melvil Poupaud nous a fait partager son  enthousiasme pour le film et son réalisateur, Xavier Dolan.

Qui est Laurence?

C’est un enseignant qui a envie de devenir une femme… Du jour au lendemain, il commence à changer sa façon de s’habiller et à se transformer à la grande surprise de son entourage. Cela ne va pas être facile pour lui, mais il assume son choix face à ses proches comme face aux étrangers…

On pense à Ed Wood, réalisateur américain qu’a incarné Johnny Depp sous la direction de Tim Burton…

C’est vrai qu’il s’agit de l’un des «crossdressers» les plus connus de la culture populaire, mais, contrairement, à Laurence, il ne souhaitait pas subir d’opération pour devenir vraiment une femme.

Le rôle ne vous a pas effrayé?

Tout est allé si vite que je n’ai pas eu le temps d’avoir peur! Et puis, je connaissais le sujet. J’ai monté Crossdresser (2009), un documentaire qu’a réalisé ma mère sur ses hommes qui aiment s’habiller en femme. Je ne sais pas si j’aurais été aussi facilement prêt à sauter le pas sans cette première expérience.

Vous ne vous êtes jamais senti mal à l’aise?

Bien sûr que si car le regard que les autres portent sur vous change du tout au tout. C’est dingue de sentir les yeux des hommes sur soi. Cela m’a fait mieux comprendre les femmes et me sentir plus sûr de mon identité masculine.

Vous ne craigniez pas de brouiller votre image vis-à-vis du public et de la profession?

A 40 balais, je suis bien dans ma peau et ma sexualité. Je sais ce qui me plaît. Il m’aurait sans doute été impossible d’accepter ce rôle quand j’avais 20 ans. Aujourd’hui, des films comme Le temps qui reste de François Ozon m’ont permis de m’affirmer dans mes choix professionnels.

Quel type de réalisateur est Xavier Dolan?

Il est archi exigeant! J’ai tourné avec des pointures comme Raoul Ruiz, Jean-Jacques Annaud, François Ozon ou Jacques Doillon, mais ce jeune type de 24 ans m’a bluffé par son exigence. Il sait faire montre d’une poigne de fer pour obtenir ce qu’il souhaite. Je suis certain que nous nous retrouverons.

Et pour la suite?

J’ai un projet sur Frankenstein avec Philippe Parenno qui avait réalisé le documentaire expérimental, Zidane, un portrait du XXIème siècle (2004). J’incarnerai le docteur et nous sommes à la recherche de l’acteur qui sera ma Créature.

Voir la bande-annonce du film Laurence Anyways: