Arthus de Pengern s'amuse avec les clichés des soap-opéras.
Arthus de Pengern s'amuse avec les clichés des soap-opéras. - IRIS PRODUCTION

Caroline Vié

Les soins dispensés à La Clinique de l'amour !, comédie réalisée et interprétée par Artus de Penguern, devraient être remboursés par la Sécurité sociale, tant ils font du bien au moral. Le réalisateur de Grégoire Moulin contre l'humanité (2001) fait passer les sitcoms médicales à la moulinette de son humour de geek et offre un grand moment de fantasie sans ordonnance.

Des urgences pour rire
Héléna Noguerra et Bruno Salomone ont rejoint Artus de Penguern pour camper avec un sérieux irrésistible des personnages archétypaux de séries télévisées ancrées dans le monde médical. Deux frères ennemis y croisent le scalpel, tandis qu'une douce infirmière compte les points de suture. On a l'impression d'avoir déjà croisé le naïf John Marshal, le cupide Michael ou la garce Priscilla à de nombreuses reprises sur le petit écran. Le réalisateur n'a grossi le trait que si légèrement qu'il serait facile de les croire tout juste sortis d'une série télé pas très bien doublée. Artus de Perguern sert le soap-opéra sur un plateau, avec un sens du timing et de l'absurde remarquable. S'il se réclame de Y a-t-il un pilote dans l'avion ? pour se moquer tous azimuts des « Feux de l'amour » et de « La Clinique de la Forêt-Noire », il appose sa patte farfelue sur un sujet qu'il a eu le temps de peaufiner sur scène dans son one-man-show et dans un court métrage réalisé en 1998. Le résultat est drôle comme une opération de la vésicule biliaire, magique comme une paire de forceps. Cette comédie bien portante mériterait de rejoindre The Artist au top des parodies réussies révisitant la culture populaire, pour le bonheur du spectateur.