Dark Shadows, de Tim Burton.
Dark Shadows, de Tim Burton. - Warner Bros. France

Caroline Vié

Il y avait longtemps que l'ami Tim Burton n'avait été dans une telle forme gothique et olympique. Ses fans vont se pâmer devant Dark Shadows et il pourrait bien en gagner de nouveaux grâce à cette comédie à l'humour joyeusement macabre.

Un vampire dans le futur. Barnabas Collins, riche propriétaire transformé en vampire par sa maîtresse jalouse, sort de terre après 200 ans d'exil pour découvrir l'Amérique des années 1970. Il est surpris car, comme le dirait Bob Dylan, les temps ont bien changé depuis 1752. De quiproquos en postures anachroniques, la confrontation du mort-vivant avec la génération hippie donne au film un humour absolument irrésistible.

Série noire pour film macabre. Dark Shadows (1966-1971), c'est d'abord une série télévisée américaine, véritablement culte dans les pays anglo-saxons. Créée par Dan Curtis, elle compte plus 1.225 épisodes et a conquis des fans prestigieux tels que Quentin Tarantino… Johnny Depp et Tim Burton!

Les habitués de Mr. Tim. Johnny Depp en buveur de sang séducteur et un brin lunaire retrouve un rôle digne d'Edward aux mains d'argent. Helena Bonham Carter, en psy alcoolo, et agitée du bocal, est toujours aussi farfelue. Quant à Michelle Pfeiffer, ex-Catwoman dans Batman, le défi (1 991), elle est impériale en maîtresse de maison manipulatrice.

Belles et sombres demoiselles. En sorcière aussi mauvaise de cœur qu'angélique de visage, Eva Green joue la sensualité volcanique, Chloë Moretz (Kick-Ass) n'est pas en reste en révélant une animalité surprenante. Mais Bella Heathcote (Time Out) leur vole la vedette avec une fraîcheur digne d'une bonne chambre froide.

Retour aux sources sombres. Il y a beaucoup de Tim Burton dans ce soap-opéra joyeusement horrifique. Décors sombres et monstres en tous genres peuplent l'univers de ce geek de compétition dont l'amour pour l'esthétique gothique est communicatif. Perdant le spectateur dans les recoins d'un manoir inquiétant, Burton rend hommage au cinéma fantastique et renoue avec son enfance. Le gamin solitaire, témoin de ces aventures délirantes, rappelle le cinéaste qui a su transformer ses peurs en une œuvre unique et remarquable.

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