Leila Hatami and Peyman Moadi in a scene of the film "Jodaeiye Nader az Simin" (aka "Une separation", "A Separation") directed by Asghar Farhadi. IRAN - 2011./Credit:DDP IMAGES FILMFOTOS/SIPA/1203281710
Leila Hatami and Peyman Moadi in a scene of the film "Jodaeiye Nader az Simin" (aka "Une separation", "A Separation") directed by Asghar Farhadi. IRAN - 2011./Credit:DDP IMAGES FILMFOTOS/SIPA/1203281710 - DDP IMAGES FILMFOTOS / SIPA

Sous les images, les paroles. Indispensables pour apprécier un film en version originale, les sous-titreurs exercent une profession étonnamment peu célébrée. "20 Minutes" a rencontré Massoumeh Lahidji et Pascale Joseph, qui ont remporté il y a quelques jours le prix du sous-titrage décerné par l’Association des traducteurs adaptateurs de l’audiovisuel. L’une pour Une séparation de Asghar Farhadi, l’autre pour Bon à tirer des frères Farrelly.

L’école de la concision

«Il est extrêmement gratifiant de se dire qu’on prolonge la vision d’un réalisateur», explique Pascale Joseph, qui a aussi œuvré sur la série «Dr House» et Carlos d’Olivier Assayas. «Sur une comédie comme Bon à tirer, la difficulté était de trouver des équivalents aux jeux de mots sans perdre le rythme.»

Massoumeh Lahdiji, qui a aussi travaillé avec Abbas Kiarostami, a connu d’autres soucis pour traduire Une séparation du persan : «Il fallait faire comprendre le sous-texte culturel des dialogues, ce qui était d’autant plus difficile que les personnages parlent beaucoup et que le montage était très nerveux.»

La concision est la principale qualité exigée d’un sous-titreur. «Il arrive qu’on me fasse le reproche de ne pas traduire exactement les dialogues, mais nous ne disposons que d’un nombre limité de mots pour que la phrase reste lisible», précise Pascale. On lit en moyenne quinze caractères/seconde ce qui contraint à des acrobaties linguistiques.

«Notre travail consiste à nous faire oublier au point de faire croire au spectateur qu’il suit les dialogues aussi bien que s’il parlait la langue originale», insiste Massoumeh. Malgré la course contre la montre.

«Je n’ai disposé que de quatre jours pour sous-titrer "Une séparation"», explique Massoumeh. Ces contraintes de temps ne les découragent pas de pratiquer ce métier «ludique» ! Et d'ajouter: "Il est amusant de jouer avec les mots en s’appuyant sur les images pour obtenir le sens souhaité par le cinéaste.» Parole de traductrice !

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