Charles de Meaux: «Le milieu des courses génère tout un imaginaire de fantasmes»

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Publié le 12 janvier 2011.

INTERVIEW - Charles de Meaux, ancien jockey devenu réalisateur, est allé tourner un film sur l'enfer des jeux de courses à Macao. Le résultat: Stretch, en salles mercredi...

Réalisateur et ancien jockey, Charles de Meaux a réalisé son premier film, Le Pont du trieur, en 2000. Il a aussi tourné Shimkent hotel avec Melvil Poupaud et Romain Duris. Il sort Stretch, avec Nicolas Cazalé, qui explore le monde tumultueux des courses de chevaux à Macao et des magouilles qui l'entouent. 

Votre nouveau film, Stretch, raconte l’enfer des courses, des jeux. C’est un univers que vous connaissez bien...

Oui, j’étais jockey pendant des années mais je savais dès le départ que je ne pourrai pas le rester. Je suis très grand, je montais en obstacle et les poids sont plus élevés, mais j’avais du mal à rester à 59 kg, pour un poids limité à 60. J’avais une épée de Damoclès au-dessus de la tête et une fascination pour le cinéma, donc petit à petit j’y suis venu.

Qu’est-ce qui vous intéressait dans le fait de filmer pas seulement les courses, mais l’univers fiévreux du jeu autour?
Le milieu des courses génère tout un imaginaire de fantasmes, de films policiers, de contrastes entre des gens très riches et très pauvres, de joueurs… Mais jamais on ne montre le sport comme un métier, quelque chose de très dur et de très humble. Cela m’intéressait aussi. Les jockeys sont un peu les OS du sport: se lever très tôt le matin pour aller à l’entrainement, nettoyer la cour, et aller l’après-midi aux courses, où c’est plus flamboyant mais où l’on joue sa vie en la confiant à son cheval. Et on sait qu’un jour on sera par terre, qu’un jour on aura le mauvais cheval et on ne pourra pas être premier. Et puis à l’arrivée c’est toujours le cheval qui gagne.

 

Comment avez-vous envisagé l’esthétique des courses?
Le public a une assez mauvaise image des courses, à cause des petits numéros en fin de journaux radio. Mais on oublie la beauté des chevaux, qui impressionne tout le monde, qui a toujours été célébrée au cinéma.

 

Pourquoi avoir choisi Macao pour tourner?
Macao c’est un fantasme, mais qu’on n’arrive pas à visualiser. Je voulais lui redonner une image. Tous les grands films classiques sur Macao sont tournés en studio. C’est très bouillonnant, un peu comme Las Vegas dans les années 70, ça essaie de se donner des règles, celles d’une société de loisirs modernes, mais il y a une emprise très forte de la mafia. Et puis la tension autour du jeu est très particulière, parce que le jeu est interdit en Chine, et dans beaucoup de pays d’Asie. On ne peut jouer qu’à Macao. Donc toute la Chine y vient.

Vous avez tourné à l’hippodrome, dans petites rues de Macao…  Comment avez-vous acquis toute la liberté dont vous semblez avoir joui?
Normalement quand on tourne à Macao c’est très restreint. On ne peut tourner que sur la place centrale, très touristique, d’architecture portugaise. C’est le Macao « family friendly ». Cela fait huit ans que je vais  à Macao pour préparer le film, prendre des contacts. Au début tout est fermé, on ne peut rencontrer personne, on ne parle pas, tout était très étranger. Mais un matin j’ai décidé d’aller à l’hippodrome, j’ai parlé aux gens, j’ai dit que j’étais français, et ancien jockey, ça les a intéressés et je suis entré dans le milieu. Une fois qu’on est dedans c’est un tout petit milieu. Je suis devenu une sorte d’enfant adoptif de la société macanaise donc toutes les portes se sont ouvertes.

>> L'interview cocotte de Nicolas Cazalé, c'est ici...

C.P.
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