Le film d'Apichatpong Weerasethakul a reçu la Palme d'or au Festival de Cannes.
Le film d'Apichatpong Weerasethakul a reçu la Palme d'or au Festival de Cannes. - PYRAMIDE DISTRIBUTION

Stéphane Leblanc

Une expérience unique, envoûtante, spirituelle, «proche de ce que proposait 2001: l'odyssée de l'espace de Kubrick», comme nous le confiait Emmanuel Carrère, romancier et juré de Cannes en mai, le soir du palmarès. Trois mois plus tard, Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures, du cinéaste thaï­landais Apichatpong Weerasethakul, sort dans 80 salles «afin de satisfaire au mieux les cinémas d'art et d'essai qui l'ont réclamé», selon Eric Lagesse, PDG de Pyramide et distributeur du film.

Elargir le cercle des habitués

Au dernier jour du Festival de Cannes, le film n'avait toujours personne pour assurer sa sortie en salle. Le faible score (25.573 entrées pour 23 copies) de Tropical Malady, l'un des précédents films du cinéaste, hantait Eric Lagesse. «Nous nous sommes lancés quelques heures avant le palmarès, dans l'euphorie de bonnes nouvelles sur d'autres films. Mais c'était de la folie…» Grâce à la Palme d'or, le distributeur rêve d'élargir le cercle des habitués du réalisateur.
Avec cette «histoire extraordinaire de bouddhisme et de réincarnation » dans la jungle thaïlandaise, il compte faire « aussi bien » que le Goût de la cerise, d'Abbas Kiarostami (140 000 entrées en 1997). Un résultat très faible pour une Palme d'or, «mais très honorable pour un film aussi exigeant».

La bande-annonce:

Palme de l'audace

Depuis La Dolce Vita (1960), première palme pour un récit  non linéaire», nombreux sont les jurés qui ont aimé être surpris. Comme récemment les présidents Adjani, Cronenberg ou Frears primant Le Goût de la cerise (1997), Rosetta (1999) et 4 mois, 3 semaines, 2 jours (2007).