La déchéance des films de danse

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Publié le 18 août 2010.

CINEMA - «Sexy Dance», qui sort ce mercredi en France, a du mal à séduire les spectateurs outre-Atlantique, et fera probablement de même ici...

«La danse m’a sauvé». C’est l’une des premières répliques de Sexy Dance 3. Alors le ton est donné tout de suite: les dialogues sont niais, la trame tout autant, le scénario inexistant. Et ne cherchez pas de jeu d’acteurs. Il n’y a pas plus de jeu qu’il n’y a d’acteurs: ce sont des danseurs. Le film repose sur ce talent-là.
 
Sexy Dance 3 succède évidemment à Sexy Dance 1 et Sexy Dance 2. Si vous êtes féru de danse, vous pouvez aussi aller voir Street Dancer, Save the Last Dance ou Danse ta vie 1 et 2. Certains sont un peu meilleurs que d’autres, mais tous reposent sur la galvanisation des spectateurs par la danse et les chorégraphies.
 
Face à Sexy Dance3, vous avez effectivement envie de vous mettre à vous dandiner, et de vous inscrire à un cours de Hip-hop en sortant. Les chorégraphies sont impressionnantes. Mais ces films sont tous les mêmes. A tel point que les titres ne se distinguent à peine les uns des autres, et que certains climax se retrouvent dans plusieurs films: comme la danse dans l’eau.





Bien sûr c’est impressionnant. Mais pourquoi n’avoir pas ponctué les exceptionnelles scènes de danse de quelques (vrais) dialogues?
 
Les années 80
 
Ces films sont les héritiers des comédies musicales des années 80 et 90, et les aînés ne doivent pas être fiers. John Travolta (La fièvre du samedi soir et Grease), Kevin Bacon (Footloose), Patrick Swayze (Dirty dancing) étaient à la fois des acteurs et des danseurs, incarnation de générations qu’ils ont marquées. Ces films ont contribué à propager toute une culture, un style vestimentaire, des répliques cultes, des paroles de chanson que tout le monde connaît. Si «Nobody puts baby in the corner», ce n’est pas du Céline, les dialogues et le scénario étaient assez bien fichus pour que le film tienne en-dehors des chorégraphies, qui étaient un aspect parmi d’autres des qualités du film.

Dirty Dancing : Time of my life (Final dance)

Dans les comédies musicales comme Sexy Dance 3, outre qu’on oublie le mot comédie et le mot musical, il n’y a plus rien de ce côté blockbuster parlant à toute une génération. Dirty Dancing, c’était le féminisme en action, la libération de la femme, la remise en cause de l’autorité. Tout comme Grease par exemple. Tant que l’on ne verra pas des personnalités comme Travolta pour jouer et danser à la fois, les films de danse continueront probablement leur lente dégringolade au box-office.

Grease - you're the one that i want

C.P.
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