Il existe, somme toute, trois types de couples d’espions au cinéma. Cameron Diaz et Tom Cruise s’inscrivent dans la tradition pas très féministe où l’homme campe l’espion. Cela excite la femme, elle tombe dans ses bras. Cela marche aussi dans la version où la femme retombe amoureuse. Par exemple dans True Lies de James Cameron (remake de La Totale de Claude Zidi), Arnold Schwarzenegger et Jamie Lee Curtis étaient mariés depuis quinze ans. Et si elle n’avait pas découvert que le mari qu’elle prenait pour un cadre ennuyeux et médiocre était en fait un espion, elle s’apprêtait à le quitter pour un autre médiocre ennuyeux, prétendant être espion.
Il existe aussi une autre tradition: celle dans laquelle l’homme était espion, et essaie tant bien que mal de quitter sa profession pour la femme qu’il rencontre. Généralement, il a du mal. La comédie de Robert Luketic, avec Katherine Heigl et Ashton Kutcher, Kiss and kill, s’inscrit dans cette tradition-là. C’était aussi sur cette voie que s’engageait Espions, de Nicolas Saada. Guillaume Canet, chargé de mettre une femme dans son lit pour la manipuler, succombe à ses charmes. Se multiplient enfin les films plus paritaires, où l’homme et la femme sont espions et se trahissent tout en s’aimant.
.En version réussie (Mr and Mrs Smith avec Angelina Jolie, qui se venge ici de l’affront fait à la pauvre femme rangée qu’elle est face à son espion de mari dans Raisons d’Etat) ou en version ratée (Duplicity, avec Julia Robert et Clive Owen).
Quant aux films où c’est vraiment la femme qu mène, elle la seule espionne, elle la grande maîtresse… Il y a bien Wanted, mais le film n’est pas un chef d’œuvre ; Angelina Jolie (encore elle) est bien membre d’une société secrète, mais pas vraiment une espionne. Et elle se suicide à la fin – comme victoire féminine, on a vu mieux.