Les actrices de «Sex & the City 2» le 9 septembre 2009.
Les actrices de «Sex & the City 2» le 9 septembre 2009. - ADMEDIA/SIPA

C’est vrai, cela se passe à Abou Dhabi, mais cela se passe aussi, un peu, à New York. C’est une première bonne nouvelle. La seconde, c’est ce que Sex and the City 2 est moins mauvais que le premier. Mais il n’est vraiment pas terrible quand même. Il ne peut pas l’être: le film était destiné à être moins bien que la série.


Lawrence d’Arabite
 

«La révolution de la série, c’était d’aller outre le tabou de la sexualité féminine, ce n’est pas quelque chose que vous pouvez retrouver en salles», explique Vincent Colonna, auteur de L’Art des séries télé. «Sur une chaîne payante comme HBO, vous pouvez espérer atteindre un public cultivé, ouvert, qui acceptera des scènes plus osées». Dans les salles obscures au contraire, il faut ratisser large. «Ce serait comme si Desperate Housewives passait sur grand écran, il faudrait supprimer tout l’aspect ironique et grinçant pour en faire une simple comédie familiale.» Du coup, dans SATC2, peu de sexe et donc pas assez de sexe.
 
Quelques saillies sont fidèles au titre du film, comme le don juan des sables qui devient, dans les mots de Samantha, «Lawrence d’Arabite». Quelques préservatifs tombent des sacs. Quelques torses dénudés. Vous allez dire: ça se passe à Abou Dabi, c’était pas évident de débrider les jeunes femmes comme à New York City. Justement.


La caution «sérieuse»

Allez savoir ce qui s’est passé dans la tête du réalisateur Michael Patrick King pour qu’il décide de situer SATC2 au Moyen Orient, avec tous les clashs culturels que cela suppose. Forcément, les divas sont confrontées à la différence de mœurs -  et on ne sait pas trop comment le prendre.
 
Carrie s’étonne d’une femme en burqa qui lève son voile pour manger, frite après frite. Dans les souks (il n’y a pas de souks à Abou Dhabi…) elle s’émerveille de ce que les chaussures ne coûtent rien. Étonnement à chaque coin de rue et grossièreté de Samantha qui finit, en plein marché, par déclarer à qui veut l’entendre – en l’occurrence plein d’Emiratis courroucés «Yes, I have seeeex». (On la croit sur parole: on n’a pas vu grand chose). Conclusion : le «nouveau Moyen Orient» n’est pas si moderne que les fashionistas l’avaient rêvé…
 
La série ne s’embarrasse pas de thèmes d’actualité, encore moins de politique internationale ou tout autre sujet sérieux. Elle se concentre sur les futilités et c’est sa plus grande qualité.
 
«Il ne se passe pas grand chose dans la série, mais ce sont des épisodes d’une vingtaine de minutes», rappelle Vincent Colonna. Ce à quoi le premier film avait été relativement fidèle, étant ainsi très ennuyeux. Ici, ils ont essayé de muscler l’intrigue, mais on sort de l’originalité de la série. «Le rien se prête mal au cinéma. Ca va pour le cinéma d’auteurs, par pour les blockbusters.»

Mots-clés :