Au commencement était Douze hommes en colère, film réalisé en 1957 par Sidney Lumet sur les discussions houleuses d'un jury d'assises. 12, de Nikita Mikhalkov, revisite ce classique façon salade russe assaisonnée autour d'un jeune Tchétchène accusé d'avoir assassiné son père adoptif. «Je n'aurais jamais pensé que ce film pourrait sortir de mon pays», déclare Nikita Mikhalkov du haut de ses 64 printemps massifs. Les prises de bec de ces jurés qui pensaient plier l'affaire en quelques minutes avant de s'écharper à grands coups de gueule prennent aux tripes.
12 - BANDE-ANNONCE VOST FR - de Nikita Mikhalkov
«Chaque personnage représente un Russe typique», insiste le réalisateur. Médecin caucasien, producteur de télévision, militant communiste bas du front national et artiste juif prennent tour à tour la parole, laissant apparaître un pays mal en point. «Mon film est un cri de révolte contre l'indifférence chronique de la plupart des Russes. En écrivant, je repensais à ce proverbe: "Méfie-toi de tes amis, ils peuvent te trahir. Méfie-toi de tes ennemis, ils peuvent de tuer. Méfie-toi plus encore des indifférents: ils peuvent te trahir puis te tuer!"» raconte le réalisateur avec un doux sourire. Pessimiste? «Mon film se termine sur une note d'espoir car je crois en l'avenir.» Le futur immédiat du cinéaste, c'est Soleil trompeur 2, suite de son film oscarisé en 1995, qu'on pourrait bien voir au Festival de Cannes en mai prochain.