«C'est le jeu d'acteur qui donne vie au grimage»

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Publié le 3 février 2010.

CINEMA - André Dussollier est éblouissant en Staline, dans «Une exécution ordinaire» de Marc Dugain...

Comment entre-t-on dans la peau d'un dictateur comme Staline ?

On commence par paniquer car je ne lui ressemble pas du tout et que le personnage s'exprime en français dans le film. Ce n'est qu'après avoir étudié sa voix et sa posture, sur les rares documents que l'on a de lui, que je suis parvenu à construire ce personnage.

Le maquillage vous a-t-il aidé ?

Certes, mais cela ne fait pas tout. Le jeu d'acteur donne vie au grimage. Je me souviens avoir piqué une colère alors que j'étais en Staline : tout le monde se retenait pour ne pas rire. Comme je n'étais pas dans le rôle, j'avais tout du Français moyen qui s'énerve dans un uniforme ridicule. Il faut incarner un personnage pour le rendre menaçant.

Est-ce dérangeant d'explorer ce type de rôle ?

On voit le pouvoir absolu d'un homme pour qui la vie humaine n'a pas de valeur. Je n'oserais dire que c'est jouissif, mais j'ai ressenti un certain plaisir lors de mes tête-à-tête avec Marina Hands. Loin d'être reconnaissant envers sa magnétiseuse, Staline joue avec elle parce qu'il sait qu'il peut la détruire d'un mot. C'était comme un jeu d'échecs grandeur nature que d'explorer cette incarnation du mal. 


Une exécution ordinaire Bande Annonce du film

Propos recueillis par C. V.
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