Invictus est-il fidèle à ce que vous avez vécu lors de ce Mondial 1995 ?
Le film rend bien compte de la dimension politique de cette compétition. On comprend que le meilleur stratège des Springboks, c'est Nelson Mandela. Ce n'est pas totalement un hasard si l'arbitre nous refuse deux essais en demi-finale et accepte à tort celui des Boks. S'il y avait eu la vidéo, on serait allés en finale. Mais peu importe: on sait qu'on a vécu un moment historique. Eastwood aurait juste pu parler un peu plus de nous dans le film (rires).
Le film ne dit pas un mot sur l'hypothétique intoxication alimentaire des Néo-Zélandais avant la finale ?
Ce n'est pas étonnant. Même si on ne dispose pas des preuves pour le démonter, on sait qu'il s'est passé quelque chose. J'ai assisté à la finale, j'ai bien vu que les Blacks n'étaient pas dans leur assiette. Ils étaient lents, amorphes alors qu'ils avaient survolé la compétition avant. Certains joueurs de notre équipe aussi se sont plaints de douleurs au ventre avant la demi-finale.
Les joueurs sud-africains étaient-ils si ouverts et tolérants que peut le montrer la fin du film ?
Il y avait encore du racisme dans cette équipe. Mais il faut comprendre : ces garçons étaient nés et avaient toujours vécu sous l'apartheid. Les mentalités ne changent pas du jour au lendemain.
>> La bande annonce du film est par ici