Entre un césar mérité cette année et un oscar espéré l'an prochain, Agnès Varda n'en finit pas d'accompagner Les Plages d'Agnès, son dernier film, autour du monde. Elle était encore récemment au Portugal, où elle inaugurait ses installations aux côtés de Manoel de Oliveira et Maria Isabel, son épouse : 274 ans à eux trois. Et une fraîcheur intacte, tant chez le cinéaste lusitanien, qui fêtera ses 101 ans dans dix jours, que chez la Française de 81 ans, auteur d'un documentaire passionnant sur elle-même.
Les Plages d'Agnès raconte une histoire du cinéma dont elle est la principale protagoniste et qu'elle truffe de confessions intimes et de scènes amusantes. Comme lorsqu'elle se fait offrir quatre-vingt balais pour son anniversaire ou qu'elle transforme la rue Daguerre en plage de sable. « J'ai aussi voulu aborder les sujets qui coincent », nous confiait Agnès Varda à la sortie du film. Comme la mort de son époux, Jacques Demy, emporté par le sida en 1990. Peu de « boni » dans ce DVD (elle seule décline encore le pluriel de bonus comme une vraie latiniste), juste deux plan-séquences réduits au montage et quelques magnets à poser sur le frigo. La cinéaste s'en désole : le temps a manqué. Mais n'a-t-elle pas conçu ce film si touchant comme le making of ultime de sa carrière et de sa vie ? W