Les amoureux de polars décalés peuvent enfiler leur anorak et glisser un flingue dans leur poche. Bienvenue à Cadavres-les-Bains, de Wolfgang Murnberger, les accueille dans une taverne de l'Autriche profonde. Atmosphère glaciale, alcools forts, amours torrides et cadavres frais sont à la carte. Et Simon Brenner, détective privé lancé sur la piste d'un mauvais payeur, leur servira de guide.
Ce héros pas vraiment discret créé par le romancier Wolf Haas avait déjà connu deux fois les honneurs du grand écran, dans Vienne la mort (2000) et Silentium! (2006). L'acteur autrichien Josef Hader lui prête de nouveau sa carcasse désabusée évoluant parmi un taulier étrange, son fils teigneux, une cuisinière accorte et toutes sortes de mafieux revanchards. Les paysages gelés d'une région hostile servent de toile de fond à ses aventures joyeusement tarabiscotées.
«Mon film est inclassable», insiste Wolfgang Murnberger, qui avait signé les précédents volets avec les mêmes complices. En faisant la part belle à l'humour macabre, aux émotions fortes et aux grands sentiments, le cinéaste mêle les genres avec délice. Mais vous ne mangerez plus de poulet frit avec le même appétit après avoir découvert la recette du patron...