Les films d'animation réussis ne se fabriquent pas qu'aux Etats-Unis. «Lascars - Pas de vacances pour les vrais gars», film d'Albert Pereira-Lazaro et Emmanuel Klotz, fait son trou dans la cour des grands du dessin animé en racontant l'été d'une bande de jeunes de banlieue parisienne privés de vacances. Petits boulots et grands délires sont au programme d'un conte drolatique 100 % urbain.
A l'origine du projet se trouve une série culte vénérée, tant en France qu'aux Etats-Unis, où elle remporta un succès colossal sur MTV avant d'être appréciée sur Internet et téléphones mobiles.
Transformer des épisodes d'une minute en un long métrage d'une heure quarante était une gageure, relevée haut la main. Vincent Cassel, Diane Kruger, Gilles Lellouche, Diam's, Omar et Fred prêtent leurs voix aux jeunes de Condé-sur-Ginette. Tournage de film porno, montage de sauna norvégien, trafic d'herbe et descente musclée du caïd de la cité rythment un film au graphisme novateur et à la bande-son vitaminée signée Lucien Papalu et IZM. «Le mouvement hip-hop est un mélange qui regroupe plusieurs disciplines : la musique, le dessin, la danse, bref, un état d'esprit», explique Eldiablo, l'un des créateurs de la série.
C'est ce mélange dynamique que les réalisateurs ont retrouvé. Les héros en 2D évoluant dans des décors en 3D donnent l'impression de voir des graffitis prendre vie. Le ringard Tony Merguez ou la jalouse Manuela offrent au spectateur un festival de dialogues qui pourront enrichir son vocabulaire. Avec ses situations cocasses sur fond de destruction massive, ce cartoon, acclamé à la Semaine de la critique de Cannes, est tout simplement jubilatoire.