1. Les héros sont des beaux gosses, mais pas seulement
«Pour moi, ils sont beaux, même si ce ne sont pas des canons de beauté», reconnaît Riad Sattouf, qui signe avec «Les Beaux Gosses», son premier long métrage. La terminologie est à la mode, mais ces héros sont quand même plutôt laids, criblés d'acné et chevillés d'appareils dentaires. Mous du bulbe, aussi. Et obsédés sexuels. En fait, ils sont tout juste «moyens», comme les notes d'Hervé (Vincent Lacoste) au collège. Ça lui suffit, à lui. A nous aussi, pour en rire.
2. C'est un «teen movie», mais c'est poilantJusqu'ici, les Américains avaient les ados crados d'«American Pie», mais les Français leur préféraient les héroïnes chic de LOL et leurs amoureux « rop bô» des beaux quartiers. Ça va peut-être changer grâce aux blagues poilantes des «Beaux Gosses», les vrais : une ribambelle d'affreux comme on en trouve partout - ici à Rennes, la ville où Riad Sattouf a grandi.
3. C'est plein de répliques qui tuent
Le réalisateur vient de la BD, et ça se sent dans le tempo et l'art de la réplique de cour de récré qui fait mouche. Du genre: «Depuis quand tu as un portable? demande Camel [Anthony Sonigo]. Tu ne connais personne à part nous.» Ou ce conseil de la belle Aurore (Alice Trémolière), quand Hervé ose enfin l'embrasser: «Ne tourne pas toujours ta langue dans le même sens. - Mais c'est mon style de roulage de pelles, chacun son style!»
4. C'est drôle, mais il y a aussi des sujets sérieux
Riad Sattouf s'attache aux détails minuscules: cette manière, le matin, d'enfiler son pull et son tee-shirt sans les avoir séparés la veille, ou cette technique de masturbation dans une chaussette: «C'est discret et hygiénique, je pourrais en parler des heures», commente Riad Sattouf. Mais le film rappelle aussi qu'un prof, ça peut se suicider. Ou qu'une fille, ça ne fonctionne pas du tout comme une bimbo de film porno.
5. Les personnages sont comme vous et moi... et Riad Sattouf
Pas de héros surhumain, façon Robert Pattinson dans «Twilight». En même temps, Hervé et Camel ne sont pas des vampires. Juste des ados extrêmement banals. Or on a tous été ado, y compris Riad Sattouf, pour qui cette époque douloureuse n'est pas si lointaine: «J'étais très timide et très inhibé. J'ai même sorti ma première BD avant de sortir avec une fille.»
6. C'est un film cool, mais pas condescendant
Et c'est rare, ce traitement d'égal à égal qu'offre Riad Sattouf à ses jeunes comédiens. Peut-être parce que le dessinateur a 31 ans, un âge médian, entre eux et leurs parents. Pour le script, très écrit, Riad Sattouf a quand même demandé à ses acteurs «leur avis sur leur personnage». Leur réponse: «Les mecs comme ça, ça existe, mais on ne leur parle pas. »
7. C'est un film de dessinateur, mais pas un dessin animé
«Ben non, parce que mon dessin, je ne l'imagine pas tellement bouger.» Et puis Riad Sattouf avait envie de rencontrer à nouveau des ados. Comme avant de se lancer dans la bande dessinée «Retour au collège» - une expérience menée en 2005. Cette fois, il s'agissait de faire quelque chose avec eux et non plus sur eux. «J'avais juste un peu peur qu'ils ne m'acceptent pas et m'excluent du tournage. Mais non, tout s'est bien passé.»