CINEMA - Antichrist ne vaut le coup d'oeil que pour l'actrice française...
Une surenchère dans la crudité et l'horreur. Au-delà d'un message criant de naïveté et de misogynie sur l'inéluctable responsabilité de la femme dans la déchéance d'un couple, Antichrist marque par ses images chocs.
Ça commence fort : un couple fait l'amour pendant que leur enfant tombe par la fenêtre. Cet accident, et la culpabilité qui l'accompagne, est le point de départ de la dernière provocation de Lars von Trier où le personnage qu'incarne Charlotte Gainsbourg en verra de toutes les couleurs. A commencer par un sexe masculin qui lui éjacule du sang au visage. Avant qu'elle se masturbe entièrement nue. Puis se sectionne le sexe avec un sécateur.
Antichrist : Bande-annonce 1 Tout cela a valu à l'actrice le prix d'interprétation au Festival de Cannes. Une performance puissante et impudique, même si elle prétend que « les scènes de nudité ou de sexe n'étaient pas les plus difficiles à tourner, comparées aux séquences de souffrance et d'émotion ». Le réalisateur, qui revendique un sadisme délicat, nous a confié avoir « poussé Charlotte au maximum et elle m'a tout donné avec une générosité incroyable ».
Tantôt victime ou bourreau de son mari (Willem Dafoe), elle effraie et émeut. Même lorsqu'on est réfractaire au style du cinéaste danois alliant poésie (l'accident du bébé), provocation (l'automutilation) et ridicule (un renard qui parle). « C'était une expérience intense, que je ne suis pas certaine de revivre un jour », confie celle qui a dédié son trophée à son père. Serge Gainsbourg aurait été fier que celle qu'il surnommait « l'exquise esquisse » dans une chanson soit devenue une femme à l'eau-forte qui reprend avec un panache admirable la tradition familiale de la provocation.
Sur Monster.fr, et accédez en exclusivité aux toutes dernières offres, à des conseils personnalisés et des opportunités de développer votre réseau professionnel !