Le tapis rouge du festival de Cannes vu du ciel
Le tapis rouge du festival de Cannes vu du ciel - NIKO/LORENVU/NIVIERE/SIPA

Alice Antheaume

La crise, quelle crise? Le festival de Cannes 2009, qui s’ouvre le mercredi 13 mai, ne semble pas la connaître.

Hôtellerie de luxe


La preuve à l’hôtel Majestic, où il n’y a aucune chambre libre pendant toute la durée de l’événement et où les tarifs préférentiels n’existent pas. Même en temps de crise. Idem à l’hôtel Martinez. «On est complet depuis février, assure à 20minutes.fr Richard Schilling, le directeur, et on a même augmenté nos tarifs de 2% par rapport à l’année dernière». Désormais, les prix du Martinez vont, pour une nuit, de 570 euros la chambre dite «standard» à 35.000 euros la suite panoramique. Suite qui, cette année comme l’an dernier, est divisée en deux et est louée par l’Oréal d’un côté et une «personne mystère» de l’autre.

Plus surprenant: un nouvel hôtel de quatre étoiles, le 1835 White Palm Hôtel, vient même d’ouvrir à la pointe du port. Comble du luxe, il est doté de 16 suites sur 134 chambres et de... thermes marins de 2.700 m2!

Sponsors

Chez Jacques Dessange, le coiffeur des stars à Cannes, «pas de crise» non plus. «Cannes ne peut pas être tristoune, dit le service de communication, joint par 20minutes.fr. Le budget est le même qu’en 2008, 19 coiffeurs seront sur place.»

Pour L’Oréal, même topo: Eva Longoria, Mila Jovovich, Noémie Lenoir et les autres ambassadrices de la marque seront là, «plus nombreuses encore que l’année dernière», confie leur agent.

Fiestas

Alors quoi? Cannes serait une forteresse imprenable par la crise? Le point d’interrogation porte surtout sur les nuits cannoises. Y aura-t-il moins de fêtes organisées sur la plage? Les curly remplaceront-ils le champagne? Le magazine «Vanity Fair» a, lui, décidé d’annuler la fiesta — très courue — qu’il organisait chaque année.

Dans ce contexte, Paulo Coelho, écrivain et habitué du festival, attend de voir si le cinéma sera davantage mis à l’honneur que les à-côtés.

Professionnels du cinéma

Côté cinéma, Gilles Jacob, le président du festival, s’est dit confiant: «Nous avons constaté une légère érosion du côté des professionnels du monde entier qui viendraient un peu moins nombreux et un peu moins longtemps» mais «c'est le seul signe de la crise que nous ayons actuellement. Les projections sont pleines, les stands aussi».

Sauf que, du côté des professionnels, ça râle. «Je suis surpris qu’il n’y ait aucune modération sur les prix, regrette Nicolas Brigaud-Robert, l’un des patrons de Films distribution. Sociétés de vente de films et producteurs sont pris en tenaille entre les coûts logistiques (logement, restauration, etc.) qui n’ont pas faibli, voire augmenté, et la difficulté actuelle de se financer.» Brigaud-Robert, qui fait jusqu’à 30% de son chiffre d’affaires à Cannes, pose la question: «Quelle est l’efficacité et la rentabilité de Cannes alors qu’on pourrait présenter nos films ailleurs, dans des festivals certes moins prestigieux, mais plus accueillants, comme Toronto. On ne peut pas être les financiers de l’industrie hôtelière de la croisette!».

Météo toute puissante

Toutefois, les hôtels de luxe ne sont pas à l’abri. «Notre crise, c’est celle du soleil, reprend Richard Schilling, du Martinez. Si on a mauvais temps, les terrasses sont vides, c’est ça qui fait la différence entre un bon et un moins bon festival. Sur notre terrasse, on a d’énormes swings: la pluie, c’est 0 couvert; avec le soleil, on a 600 personnes».