Cyprien, c'est deux Elie Semoun pour le prix d'un ?
Je ne veux pas me lancer dans une petite annonce mais c'est vrai que c'est plutôt une bonne affaire. J'y joue à la fois le rôle-titre, un personnage tendre mais pas gâté par la nature, et le play-boy infect qu'il devient une fois ensorcelé.
Comment avez-vous adapté ce personnage pour le format cinéma ?
Je n'ai pas cherché à exploiter le filon des « Petites Annonces ». Et on a essayé d'éviter l'écueil de nombreuses comédies françaises qui multiplient les vannes sans se soucier de l'histoire. Il fallait humaniser le personnage, montrer qu'il vaut mieux qu'un pauvre type qui aime les blondes à forte poitrine. L'émotion a autant d'importance que la rigolade.
Mais pourquoi tenez-vous tant à faire du cinéma ?
Réussir un film, c'est plus puissant qu'un spectacle. Il y a aussi une raison stupide : j'ai vu Frank Dubosc, Gad Elmaleh et Dany Boon faire leur film et je me suis dit : pourquoi pas moi ? Mon univers est aussi riche que le leur.
Vous rêvez du succès des Ch'tis ?
Ce qui est arrivé à Dany est exceptionnel. Cette concordance entre l'amour que le public donne aux humoristes et le plaisir que le film procure en retour est proprement miraculeuse.
Il doit vous être nettement plus sympathique que Dieudonné ?
Je ne m'explique pas comment quelqu'un avec qui j'ai travaillé dix ans a pu tourner ainsi. Je me dis parfois que c'est ma faute si Dieudonné est devenu antisémite. Plus sérieusement, je trouve dégueulasse qu'on puisse utiliser l'humour pour faire passer des idées nauséabondes. ■