Se réinsérer dans une vie ordinaire quand on a passé son enfance en prison pour un acte épouvantable, c'est ce que tente de faire Boy A, héros du film éponyme de John Crowley. Ce jeune Britannique au passé trop lourd découvre le monde du travail, l'amitié et l'amour avec l'aide d'un psychologue dévoué joué par l'excellent Peter Mullan (My Name is Joe). Il se glisse dans le moule d'un Monsieur Tout-le-monde et son histoire serait idyllique si les médias ne venaient pas tout gâcher. S'appuyant sur Jeux d'enfants, roman de Jonathan Trigell (paru chez Gallimard), le réalisateur parvient à faire aimer son héros sans l'angéliser. La performance d'Andrew Garfield, découvert dans Lions et Agneaux de Robert Redford, est pour beaucoup dans l'émotion se dégageant d'une réflexion aiguë sur la culpabilité et le droit au pardon. Couvert de prix au festival de Dinard, Boy A témoigne de la vitalité d'un cinéma britannique capable de prendre la réalité à bras-le-corps sans sombrer dans le sordide. ■C. V.