Le catcheur que vous jouez dans The Wrestler est-il proche de vous ?
C'est certain qu'il y a des similitudes entre nous. Darren Aronofsky m'a permis d'écrire certains de mes dialogues. Je me suis notamment inspiré d'une scène de ma propre vie, où je suppliais ma femme de ne pas me quitter.
Vous l'avez convaincue ?
Non. A l'époque, j'ai tout perdu : carrière, argent, épouse, maison. Je reconnais que j'ai fait le con pendant quatorze ans et qu'il m'a fallu treize années de thérapie pour m'en sortir. Je pensais qu'il n'y avait que les fous qui allaient voir les psys...
Ce passage à vide a-t-il été enrichissant pour vous ?
Il a surtout été très douloureux. J'avais tant de fierté que je vivais dans la terreur de perdre ma carapace et que je m'enfermais dans une logique autodestructrice. Il m'a fallu beaucoup de travail pour comprendre que j'étais l'unique responsable de mes malheurs.
Pensez-vous que ce travail sur vous-même va vous rapporter un oscar ?
Je crois que c'est Sean Penn qui l'aura, pour Milk. Je serai le premier à l'applaudir. Les Oscars, ce n'est pas comme le sport. Il n'y a pas de façon objective de juger une prestation et le fait que Milk parle d'un activiste gay a son importance en cette période d'homophobie.
Vous ne serez pas trop déçu si vous n'obtenez pas un oscar ?
Non, car j'aime Sean comme un frère. Et je suis convaincu que si je ne l'ai pas cette année, je l'aurai la suivante, ou celle d'après ! Je suis déjà reconnaissant d'avoir obtenu une deuxième chance.
Vous n'êtes donc plus en rébellion contre Hollywood ?
Beaucoup de gens me disent que je pourrais faire un bras d'honneur à l'industrie du cinéma maintenant que je suis revenu sur le devant de la scène. Je préfère dire merci. J'ai changé avec l'aide de mon prêtre, de mon psychiatre et de ma chienne, Loki. J'ai appris que mes actes ont des conséquences. ■