En 1976, Albert Spaggiari a réussi à cambrioler une banque en passant par les égouts à Nice. Sans arme ni haine ni violence est sa devise ainsi que le titre du premier long métrage signé Jean-Paul Rouve.
«Spaggiari est un mytho. Il a réussi le casse du siècle, mais son désir était surtout de se faire connaître. J'aimais l'idée qu'il n'ait tué personne», explique le comédien-réalisateur, qui s'est donné le beau rôle en interprétant le gangster.
Loin de centrer l'action sur le cambriolage déjà traité en 1979 par José Giovanni dans Les Egouts du paradis, Rouve s'est penché sur l'exil de Spaggiari en Amérique du Sud et sur son tête-à-tête avec un journaliste français campé par Gilles Lellouche. « Bien que j'ai fait beaucoup de recherches, mon film n'est pas un documentaire mais une variation autour du personnage. » Ce parti pris de liberté donne toute sa saveur à une comédie policière où l'on découvre les fêlures intimes du casseur sous sa carapace de matamore aux déguisements ringards. « Mettre en scène, c'est un peu comme d'orchestrer un casse. Cela demande une certaine forme d'innocence », admet l'ancien Robin des Bois, qui s'amuse franchement à l'idée de pouvoir, peut-être un jour, être récompensé pour sa prestation savoureuse. « Mais je pense quand même que Spaggiari est moins porteur qu'Edith Piaf ! »