CINEMA - Notre critique du film «Lady Jane» de Robert Guédiguian...
La vengeance est un plat qui risque de peser sur l'estomac. C'est ce que prouve Robert Guédiguian dans «Lady Jane», où deux anciens braqueurs (Jean-Pierre Darroussin et Gérard Meylan) retrouvent leur complice d'autrefois (Ariane Ascaride) pour l'aider à sauver son fils kidnappé.
Le réalisateur de Marius et Jeannette a teinté de noir le rouge de ses idées révolutionnaires. «J'avais envie de me servir des codes du polar pour montrer à quel point le désir de se venger est stérile», explique Robert Guédiguian.
Aussi sombre que la chanson des Rolling Stones
Une scène d'exécution sommaire sidérante donne le ton. «Le traitement de la violence devait être choquant pour traumatiser le spectateur pendant tout le film», justifie le cinéaste. Jean-Pierre Dar-roussin, en réparateur de bateaux qui refuse de vieillir, et Gérard Meylan en mafieux à la petite semaine, renouent ainsi avec leur passé de rebelles pour les beaux yeux d'Ariane Ascaride, lumineuse, entre femme fatale et mère courage.
«Ils retrouvent leurs instincts de bandits dans l'adversité et en profitent pour faire le point sur leurs idéaux dans une société qui n'a pas évolué dans le bon sens», explique Guédiguian. «Lady Jane» est un joyau aussi sombre que la chanson des Rolling Stones qui lui donne son titre.
Vous avez demandé la bande-annonce?
Caroline Vié