Moins connu qu'Oshima, dont il est pourtant contemporain, Kijû Yoshida a tout autant participé à la nouvelle vague du cinéma nippon, en signant de futurs classiques. A l'image d'Eros + massacre, qui ressort en salle* et fait l'objet d'une superbe édition DVD** : balayant les codes narratifs usuels, le cinéaste entremêle les destins d'une étudiante de 1969 et d'un anarchiste des années 1920, partisan de l'amour libre. Avec ses allées et venues entre passé et présent, l'oeuvre, atypique, flirte avec le cinéma expérimental, tout en révélant la condition féminine au Japon et en levant le voile sur un pan controversé de l'histoire du pays. « Je ne crée rien, mes films sont le produit d'une expérience improbable qui se déroule devant la caméra », explique Yoshida dans une interview en bonus.