VIDEO. « The Florida project »: L'Amérique en toute indépendance

COMEDIE Sean Baker filme l’Amérique des jeunes laissés-pour-compte de Floride et révèle une graine de star…

Caroline Vié

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The Florida Project de Sean Baker

The Florida Project de Sean Baker — La Pacte

L’indépendance, Sean Baker l’a dans la peau. Ne serait-ce qu’en faisant le choix d’une pellicule 35 mm pour filmer des enfants pauvres de Floride dans la comédie The Florida project, présentée cette année à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes.

« J’étais fasciné de voir qu’à quelques mètres du luxe de DisneyWorld et de ses touristes fortunés vivent des gens qui se battent pour survivre, confie-il à 20 Minutes. Le fait de tourner en 35 mm me permettait de donner un look décalé aux aventures de ces gamins des rues. » Laissés en totale liberté par leurs parents sous le regard désabusé d’un directeur de motel ( Willem Dafoe), ces petites canailles versions 2.0 font les quatre cents coups avec délices.

Sean Baker découvre Brooklynn

Pas question pour le réalisateur de Tangerine de se laisser cataloguer. Après avoir filmé le Hollywood des travestis avec son iPhone, il n’a pas souhaité récidiver. « Je choisis mon matériel selon les projets. Pour celui-ci, j’avais besoin de filmer des plans très longs avec les enfants afin de leur laisser le temps d’être le plus naturels possible. » La petite Brooklynn Prince, 7 ans, découverte du film, devait être à la fois stimulée et canalisée. Elle émeut par sa fraîcheur et sa malice pétillante.

Brooklynn rencontrera-t-elle Oscar ?

« J’aime ce naturel chez les comédiens non professionnels et j’espère qu’elle ne le perdra jamais, avoue Sean Baker. Brooklynn est un mélange détonnant d’innocence et de maturité. » Si la fillette semble bien partie pour être citée aux Oscars, le réalisateur garde la tête froide. « Les grands studios me font toutes sortes de propositions mais je ne veux pas sacrifier ma liberté, insiste-t-il. Même pour de l’argent. » Son indépendance, Sean Baker la porte comme un étendard, celui d’un cinéaste dont la sincérité affleure à chaque plan.

L’indépendance comme objectif

« Bien sur que la notion de cinéma indépendant existe toujours puisque c’est ce que je pratique », martèle-t-il ! Voilà pourquoi il se dégage un charme unique de The Florida project qui montre une Amérique dont le rêve a été remplacé par une misère ordinaire qui n’engendre pas obligatoirement la morosité. « Je cherche à montrer les choses telles qu’elles sont, sans les rendre plus misérables, ni les angéliser, avoue Sean Baker. J’essaye de capter la vie. » Son film vibre de la vitalité de ses personnages et de sa tendresse à leur égard.

Regram from @thebrooklynnkimberly at the Magic Castle 💖🌈 #TheFloridaProject

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