• Avec « Justice League », Warner veut copier l’univers partagé de Marvel et le succès des films « Avengers ».
  • Mais les premiers films avec Superman et Batman n’ont pas rencontré le succès escompté.
  • Warner a changé de direction artistique pour ses films de super-héros et n'est d'ailleurs pas le seul studio dans la tourmente avec ses univers partagés.

En salle mercredi, Justice League réunit la crème des super-héros DC Comics (Batman, Superman, Wonder Woman, Flash…), à l’instar de son concurrent Marvel avec ses Avengers. Sorti en 2012, le premier Avengers marquait la rencontre d’Iron Man, Thor, Hulk et Captain America, après qu’ils ont eu leur film solo chacun de leur côté, mais dans un même univers, le « Marvel Cinematic Universe » (MCU).

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Dix ans de retard

Avec plus de 13 milliards de dollars de recettes pour le MCU, dont 1,5 milliard pour chaque Avengers, il était prévisible que les autres studios veuillent leur univers « partagé » de films. Après Batman begins et Superman returns, Warner et DC lancent ainsi le développement de Justice League Mortal, que devait réaliser George « Mad Max » Miller mais qui est annulé suite à la grève des scénaristes en 2008. Ce n’est qu’avec Man of Steel, et surtout Batman V Superman, que prend forme le « DC Extented Universe » (DCEU). Avec donc près de dix ans, et autant de films, de retard sur Marvel.

Batman V Superman V Les fans

Batman V Superman devient ainsi à la fois la suite de Man of Steel, la rencontre de deux monstres sacrés, Batman et Superman, et la promesse d’un Justice League, comme en atteste le sous-titre « L’aube de la justice » ajouté en cours de production. Trop pour un seul film ? Il rapportera tout de même 800 millions de dollars au box-office mondial, mais sera massacré par les critiques et les fans. Certains commentateurs expliquent ce désamour par le fait que, si Marvel a le producteur Kevin Feige pour jouer les showrunners et garantir la cohérence du MCU, le DCEU est entièrement acquis au réalisateur Zack Snyder et à sa vision d’auteur plus que de producteur. Une vision iconoclaste des super-héros, qui peut ne pas plaire à tout le monde.

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Changement de ligne éditoriale

Panique à bord chez Warner et DC, qui nomment en catastrophe Geoff Johns de DC et Jon Berg de Warner comme gardiens du temple. Conséquence : l’univers se doit d’être moins sombre, plus fun et donc plus proche du MCU. Ce changement de ligne intervient dès Suicide Squad et Wonder Woman, et encore plus sur Justice League, pour lequel Zack Snyder a dû passer le flambeau à Joss Whedon à la suite d’un drame familial. Oui, le Joss Whedon des Avengers. Mais surtout, la création d’un univers « partagé », avec clins d’œil et super guest stars d’un film à l’autre, n’est plus la priorité du studio, qui veut se focaliser sur « le coeur, l’humour, l’espoir et l’héroïsme des personnages DC », assure Geoff Johns.

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Echecs partagés

Warner et DC ne sont pas les seuls à s’être plantés avec leur DCEU, Sony a essayé de faire exactement la même chose lors du reboot de Spider-Man avec Andrew Garfield, annonçant d’emblée des suites et des spin-offs. Deux films plus tard, l’homme-araignée rejoignait, penaud, le MCU. Dernier échec en date, Universal a tenté de relancer ses mythiques « Universal Monsters » avec le reboot de La Momie et un supposé univers « partagé », le Dark Universe. On parlait tout de même de Javier Barden en monstre de Frankenstein, Johnny Depp en Homme invisible ou Russell Crowe en Docteur Jekyll. Mais l’échec de La Momie a contrarié les plans du studio et précipité le départ de ses créateurs.

Transformers, Fast and Furious ou Godzilla/King Kong pourrait être la prochaine franchise à se casser le nez, et seul Disney semble maître de ses univers, qu’il s’agisse de Marvel ou de Star Wars. Ses univers ou ses business ?