VIDEO. Karin Viard est «Jalouse», mais ce n'est pas si grave

COMEDIE Dans « Jalouse », la comédienne est lumineuse en quinquagénaire mal dans sa peau devant la caméra subtile et drôle des frères Stéphane et David Foenkinos…

Caroline Vié

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Karin Viard dans La Jalousie de David et Stéphane Foenkinos

Karin Viard dans La Jalousie de David et Stéphane Foenkinos — Séverine Brigeot/StudioCanal

  • Cette fantaisie met en vedette une Karin Viard au sommet de son art.
  • Elle est très amusante en quinqua jalousant tous ceux qui l’entourent.
  • Les réalisateurs ont été assez malins pour ne pas rendre son personnage odieux.

Nathalie, l’héroïne de Jalouse, coréalisé par Stéphane et David Foenkinos supporte mal la cinquantaine et ses petits tracas. Envieuse de tout et de tous, elle devient imbuvable pour son entourage et encore davantage pour sa grande fille qui cherche à faire carrière dans la danse classique. Karin Viard, éblouissante, se délecte à incarner cette femme qui dit ce qu’elle pense au risque de déclencher des catastrophes.

« Les frères Foenkinos ont une très grande virilité sans pour autant renier leur part féminine, explique la comédienne à 20 Minutes. Ils sont capables de pénétrer à l’intérieur de la psychologie d’une femme dont ils partagent les atermoiements avec le spectateur. » Dotés d’un humour d’une grande finesse, les réalisateurs de La Délicatesse composent un portrait savoureux qu’incarne une actrice à l’apogée de son talent.

Quand Nathalie fait rire Karin

« Ce personnage ne me faisait pas peur, il me faisait rire, insiste Karin Viard. On la compare parfois à Tatie Danielle mais je ne suis pas d’accord. Contrairement à elle, Nathalie ne cherche pas à faire chier : elle a juste son filtre qui a sauté. » Que ce soit face à une jeune collègue (excellente Anaïs Demoustier) ou à sa meilleure amie ( Anne Dorval), la quinquagénaire rivalise de remarques blessantes sans parler des coups pendables qu’elle fait aux hommes de sa vie ( Thibault Montalembert et Bruno Todeschini).

Odieuse mais pas que…

« Il fallait qu’elle ne soit pas seulement odieuse, qu’on puisse comprendre son comportement afin de pouvoir l’aimer, précise Stéphane Foenkinos. Si le public ne la trouvait que détestable, le film aurait été raté. » Le spectateur éclate souvent de rire face aux réactions parfois extrêmes de la dame quand sa fille (jouée par Dara Tombroff, danseuse de l’Opéra de Bordeaux) commence à voler de ses propres ailes. « Elle a l’impression d’être trahie, explique David Foenkinos. Elle vit cette séparation comme la fin d’une histoire d’amour. »

No comment.... @williamlebghil #filmdemichelblanc #voyezcommeondanse

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Nathalie, c’est nous aussi !

C’est sans doute parce qu’on a quelque chose en nous de Nathalie qu’on s’amuse autant quand elle s’en prend vertement à des jurés de concours qu’elle juge incompétents. « La jalousie est un sentiment profondément humain, insiste Karin Viard surtout quand on se retrouve à une période de sa vie où l’on se sent en position de faiblesse. » De cette fragilité, David et Stéphane Foenkinos font une force. Cette femme redeviendra d’autant plus lumineuse qu’elle a pris le temps d’explorer sa part d’ombre. Et on sort de la salle heureux d’avoir accompli cette introspection avec elle.