• L’actrice Rose McGowan, mentionnée par le New York Times dans l’article qui a révélé l’affaire, a publiquement parlé d’un « viol » commis par Harvey Weinstein, jeudi sur Twitter.
  • Deux enquêtes ont été ouvertes à New York et au Royaume-Uni à l’encontre du producteur hollywoodien.
  • La bataille judiciaire s’annonce féroce. En attendant, Harvey Weinstein aurait intégré un centre de la dépendance sexuelle en Arizona et « espère une seconde chance ».

Les langues n’en finissent plus de se délier. Jeudi, l’actrice Rose McGowan mentionnée par le New York Times dans l’article qui a mis le feu aux poudres, a affirmé qu’elle aussi avait été violée par le producteur Harvey Weinstein. Le magnat d’Hollywood est visé par une enquête policière à New York et au Royaume-Uni.

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Un accord de confidentialité empêcherait l’actrice d’entrer dans les détails

Après des années à garder ce lourd secret pour elle, l’actrice Rose McGowan accuse finalement publiquement Harvey Weinstein de l’avoir violée. Liée avec le producteur par un accord de confidentialité, l’actrice ne rentre pas dans les détails de l’accident survenu entre elle et Harvey Weinstein en 1997, mais s’autorise à utiliser le mot « violeur ».

Jeudi après-midi, dans une série de tweets, l’actrice s’en est prise à Jeff Bezos, le fondateur d’Amazon, l’accusant de l’avoir laissé tomber après qu’elle lui a fait part, à l’époque, avoir été violée par Harvey Weinstein. Sans mâcher ses mots, Rose McGowan reproche au dirigeant et à sa compagnie de financer « les violeurs, les présumés pédophiles et harceleurs sexuels ».

Plusieurs enquêtes en cours aux Etats-Unis et au Royaume-Uni

De nombreux faits reprochés au fondateur de Miramax sont prescrits, car le code pénal local les considère comme des délits mineurs. Mais trois femmes, en plus de Rose McGowan, ont accusé Weinstein de viol : la star italienne Asia Argento, l’actrice Lucia Evans et une autre femme restée anonyme. En revanche, « aucune plainte n’a à ce jour été enregistrée et, comme toujours, la police de New York encourage toute personne détentrice d’éventuelles informations à le faire savoir », a indiqué J. Peter Donald, porte-parole du New York Police Department.

Les investigations de la police new-yorkaise se cantonnent donc pour l’instant à une agression sexuelle présumée remontant à 2004. L’enquête de la police britannique concerne, elle, une agression sexuelle qui aurait été commise dans les années 1980 dans la région de Londres. Aucune enquête n’est ouverte à Los Angeles, où se trouve Hollywood. Mais les choses ne devraient pas s’arrêter là, le producteur étant suspecté d’avoir sévi durant plusieurs décennies, obtenant à chaque fois que c’était possible le silence de ses victimes grâce à des accords de confidentialité grassement payés.

La liste des femmes se disant victimes de ses abus, principalement des mannequins et actrices, parfois débutantes à l’époque, ne cesse de s’allonger : Gwyneth Paltrow, Angelina Jolie, Judith Godrèche, Katherine Kendall, Emma de Caunes, Cara Delevingne, Ashley Judd,Léa Seydoux, Mira Sorvino, Florence Darel…
Jeudi, c’est la comédienne britannique Kate Beckinsale qui a raconté qu’Harvey Weinstein lui avait fait des avances dans une chambre d’hôtel, en peignoir, alors qu’elle n’avait que 17 ans.

Une bataille judiciaire en perspective

La bataille judiciaire qui se profile se déroulera vraisemblablement autant au civil qu’au pénal, et les proches du producteur risquent d’être eux-mêmes emportés par le grand déballage. Selon le Hollywood Reporter, Harvey Weinstein a étoffé son équipe d’avocats. Il s’est attaché les services d’une ténor du barreau de Los Angeles, Blair Berk. Cette diplômée d’Harvard a défendu des stars d’Hollywood comme Mel Gibson et Lindsay Lohan.

La question des complicités éventuelles est d’ores et déjà posée. Le New York Times assure que les responsables de la maison de production Weinstein étaient au courant depuis 2015 de très embarrassants accords de confidentialité liant leur patron et plusieurs femmes. Or plusieurs membres du conseil d’administration, dont le frère d’Harvey et cofondateur de la société, Bob Weinstein, ont fait part de leur « surprise totale » à l’éclatement du scandale.

Pour la première fois depuis que le scandale a éclaté, l’homme de 65 ans a été vu alors qu’il sortait mercredi après-midi de la maison de sa fille à Los Angeles. Interpellé par les paparazzis sur son moral, le faiseur de stars a concédé : « Je ne vais pas fort. Mais j’essaie. J’ai besoin de trouver de l’aide ». « Je tiens bon, je fais de mon mieux », a ajouté Harvey Weinstein, vêtu d’un jean et d’un tee-shirt foncé. « On fait tous des erreurs. J’espère une seconde chance », a-t-il poursuivi avant de s’engouffrer dans une grosse voiture de type 4x4. Selon le site people TMZ, le mécène démocrate s’est ensuite envolé pour l’Arizona, où il a intégré un centre de traitement de la dépendance sexuelle.