Affaire Harvey Weinstein: Léa Seydoux et Cara Delevingne révèlent avoir été agressées par le producteur

HARCELEMENT Les deux actrices dénoncent l’omerta d’un milieu tolérant ce genre de comportements abusifs...

M.C. avec AFP

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Léa Seydoux pendant la Paris Fashion Week, le 3 octobre 2017.

Léa Seydoux pendant la Paris Fashion Week, le 3 octobre 2017. — Yann Bohac/SIPA

Le grand déballage sur les pratiques de harcèlement sexuel et l’hypocrisie d’Hollywood continue. Mercredi, les actrices Léa Seydoux et Cara Delevingne ont également accusé Harvey Weinstein d’agression sexuelle.

Dans une tribune publiée dans le Guardian (disponible en version française), Léa Seydoux révèle ainsi que le producteur a tenté de l’embrasser, elle aussi, dénonçant au passage l’omerta d’un milieu tolérant ce genre de comportements abusifs. « Je rencontre des hommes comme Harvey Weinstein tout le temps », lâche l’actrice de 32 ans dès la première phrase.

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« Il m’a regardée comme si j’étais un morceau de viande »

Elle relate sa rencontre, à un défilé, avec le producteur, qui insiste illico pour la voir le soir même. « Il a flirté et m’a regardée comme si j’étais un morceau de viande », écrit-elle, soulignant qu’il avait « un air lubrique ». Il parvient à la faire monter dans sa chambre d’hôtel pour un verre. « Nous parlions sur le canapé quand il a soudainement sauté sur moi et a essayé de m’embrasser. J’ai dû me défendre. Il est grand, et gros, alors j’ai dû résister vigoureusement. Je suis partie, complètement dégoûtée, mais je n’ai cependant jamais eu peur de lui car je savais dès le début à qui j’avais affaire », se souvient-elle.

« Tout le monde savait ce que Harvey faisait et personne n’a rien fait. Il est incroyable qu’il ait pu agir comme ça pendant des décennies et garder sa carrière. C’est seulement possible parce qu’il a énormément de pouvoir », dénonce l’actrice. Le problème, toutefois, dépasse Harvey Weinstein, dit-elle. Elle-même a reçu des avances sexuelles de réalisateurs avec qui elle travaillait.

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Dans sa tribune, Léa Seydoux dit rencontrer des hommes comme Harvey Weinstein « tout le temps » et dénonce le traitement misogyne des femmes dans le cinéma - aux Etats-Unis ou ailleurs - de l’exigence de perfection physique aux écarts de salaires injustifiés avec les hommes. Elle souligne surtout que beaucoup de réalisateurs en vogue abusent de leur pouvoir. L’un d’eux lui aurait lancé « j’aimerais te baiser », un autre filmait en se rinçant l’œil des scènes de sexe interminables, un autre encore aurait tenté de l’embrasser.​

Harvey Weinstein n’est que « le haut de l’iceberg »

Cara Delevingne, star du dernier Luc Besson Valérian et la cité des mille planètes, raconte quant à elle sur Instagram qu’Harvey Weinstein, qu’elle avait suivi à contrecœur dans une chambre d’hôtel, lui a demandé d’embrasser une femme qui se trouvait là et a tenté de l’embrasser sur la bouche avant qu’elle ne s’échappe.

When I first started to work as an actress, i was working on a film and I received a call from‎ Harvey Weinstein asking if I had slept with any of the women I was seen out with in the media. It was a very odd and uncomfortable call....i answered none of his questions and hurried off the phone but before I hung up, he said to me that If I was gay or decided to be with a woman especially in public that I'd never get the role of a straight woman or make it as an actress in Hollywood. A year or two later, I went to a meeting with him in the lobby of a hotel with a director about an upcoming film. The director left the meeting and Harvey asked me to stay and chat with him. As soon as we were alone he began to brag about all the actresses he had slept with and how he had made their careers and spoke about other inappropriate things of a sexual nature. He then invited me to his room. I quickly declined and asked his assistant if my car was outside. She said it wasn't and wouldn't be for a bit and I should go to his room. At that moment I felt very powerless and scared but didn't want to act that way hoping that I was wrong about the situation. When I arrived I was relieved to find another woman in his room and thought immediately I was safe. He asked us to kiss and she began some sort of advances upon his direction. I swiftly got up and asked him if he knew that I could sing. And I began to sing....i thought it would make the situation better....more professional....like an audition....i was so nervous. After singing I said again that I had to leave. He walked me to the door and stood in front of it and tried to kiss me on the lips. I stopped him and managed to get out of the room. I still got the part for the film and always thought that he gave it to me because of what happened. Since then I felt awful that I did the movie. I felt like I didn't deserve the part. I was so hesitant about speaking out....I didn't want to hurt his family. I felt guilty as if I did something wrong. I was also terrified that this sort of thing had happened to so many women I know but no one had said anything because of fear.

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Les deux actrices s’ajoutent à la liste des nombreuses stars qui ont témoigné publiquement depuis la semaine dernière, notamment Mira Sorvino, Rosana Arquette, Gwyneth Paltrow, Angelina Jolie, Emma de Caunes et Judith Godrèche, qui ont décrit des avances sexuelles insistantes formulées par le puissant producteur, souvent dans une chambre d’hôtel, alors qu’il n’était vêtu que d’un peignoir, voire nu.

Trois femmes l’ont accusé de viol, la star italienne Asia Argento, l’actrice Lucia Evans et une autre femme anonyme. Par un porte-parole, il a affirmé que toutes les relations sexuelles étaient consenties.

Harvey Weinstein n’est pourtant que « le haut de l’iceberg », insiste l’acteur et réalisateur Rob Schneider (« Inside Amy Schumer ») dans une vidéo publiée par le site TMZ où il dit avoir été lui-même harcelé par un cinéaste célèbre lorsqu’il était jeune. « Les acteurs, les actrices plus que les hommes, sont particulièrement vulnérables. Ils ont besoin d’un agent et les agents sont répugnants aussi », assure-t-il. « Les directeurs de casting, les producteurs, les réalisateurs, c’est partout dans l’industrie (du film), il n’y a pas une actrice qui n’ait pas une histoire ».