VIDEO. Woody Harrelson: «Je ne sais pas pourquoi je fais peur aux gens»

INTERVIEW Héros du «Château de verre», le comédien parle à «20 Minutes» de son rôle de père mais aussi de «Han Solo» et de «True Detective»...

Caroline Vié

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Woody Harrelson, papa autoritaire dans Le château de verre de Destin Daniel Cretton

Woody Harrelson, papa autoritaire dans Le château de verre de Destin Daniel Cretton — Metropolitan Film Export

  • Woody Harrelson est un papa imposant dans « Le château de verre ».
  • L'acteur se sent proche de ce personnage ennemi d’une société normative.
  • Il travaille en ce moment sur « Han Solo » et la série « True detective ».

Woody Harrelson est impressionnant dans Le château de verre de Destin Daniel Creton. On pense immédiatement au papa incarné par Viggo Mortensen dans Captain Fantastic de Matt Ross quand on le voit en père baba cool, autoritaire et alcoolique mener sa famille nombreuse à la baguette sur les routes américaines.

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Son épouse (Noami Watts) et sa fille devenue grande ( Brie Larson) sont des personnages centraux de cette chronique familiale présentée au Festival de Deauville. Le réalisateur de State of Grace lui offre un rôle impressionnant qui met en valeur la présence imposante d’un acteur intimidant vu notamment dans Tueurs nés d’Oliver Stone, la saga Hunger Games et la sérieTrue detective. C’est avec son accent traînant du sud des Etats-Unis qu’il a parlé à 20 Minutes de ce rôle écrasant inspiré de l’histoire vraie de Jeannette Walls.

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Comment faites-vous pour être aussi effrayant dans le film ?

Cela doit faire partie de moi sans que je m’en rende compte. Je ne sais pas pourquoi je fais peur aux gens. On me confie souvent des personnages de gars pas très nets alors que je suis quelqu’un de très gentil et de très doux dans la vie. Les réalisateurs voient autre chose en moi que je ne perçois pas.

Vous vous sentez proche de ce papa ?

Je peux comprendre son désir que ses enfants échappent à une société normalisatrice et qu’ils s’éduquent en faisant des choses plutôt qu’en les apprenant à l’école. Comme moi, il ne croit pas à la médecine traditionnelle, mais est un fervent défenseur de l’énergie solaire. En revanche, son goût pour l’alcool m’est étranger.

Ces deux aspects du personnage étaient-ils faciles à concilier ?

Il m’était plus facile d’incarner son côté rêveur qui veut construire une maison toute en verre pour sa famille que sa violence quand il a trop bu. Les scènes où il est imbibé étaient compliquées. Il devenait une personne incontrôlable et infréquentable après avoir bu. C’était douloureux de rendre cela.

Jeannette Walls vous a-t-elle parlé de son père que vous jouez dans le film ?

Oui, et j’ai été étonné de constater qu’elle avait autant de choses positives à en dire alors qu’il ne lui a pas fait une enfance facile ! Ce qui est dingue, c’est que tous ses enfants ont finalement plutôt bien tourné et qu’ils lui ont conservé leur affection bien qu’ils aient souffert de la faim pendant leur jeunesse.

Êtes-vous aussi dur que lui avec vos propres enfants ?

Contrairement à lui, je souhaite que les miens soient indépendants ! Leur mère veille aussi au grain pour cela. Ils sont grands maintenant et je n’ai dû élever la voix que cinq fois pendant toute leur enfance. Quatre de ces cinq fois concernaient ma fille !

Que vous a inspiré l’hommage que vous a consacré le Festival de Deauville ?

Je me suis rendu compte que j’avais vieilli ! Faire un film, c’est comme d’essayer de mettre de la foudre en bouteille : tant d’éléments peuvent mal tourner que c’est un miracle d’en réussir un bon. J’ai eu la chance de participer à de grands films comme Larry Flint de Milos Forman, l’un de mes préférés.

Que pouvez-vous dire de « Han Solo », le spin-off de « Star War » ?

Pas grand-chose car la production ne tient pas à ce que les acteurs parlent trop. J’y incarne un criminel qui jouera un rôle important dans la vie du héros. J’ai l’impression d’être un gamin quand je me trouve sur le plateau car je suis très fier de faire partie de la saga sous la direction éclairée de Ron Howard.

Vous reverra-t-on dans la troisième saison de la série « True Lies » ?

Pas comme acteur car je ne vois pas comment on pourrait faire mieux que la première saison dans ce domaine. Je n’étais pas un producteur très présent sur la deuxième. Je n’avais même pas lu les scénarios ! Là, j’ai repris les commandes car nous comptons surprendre les fans avec de nouveaux épisodes en cours d’écriture.