VIDEO. James Cameron: «Arnold Schwarzenegger m'impressionne encore plus en 3D»

INTERVIEW A l'occasion de la sortie de «T2-3D», le réalisateur de «Titanic» et «Avatar» fait le point sur l'avenir de la 3D...

Caroline Vié

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Arnold Schwarzenegger  et Edward Furlong dans Terminator 2: le jugement dernier 3D de James Cameron

Arnold Schwarzenegger et Edward Furlong dans Terminator 2: le jugement dernier 3D de James Cameron — Studio Canal

  • James Cameron a entièrement restauré « Terminator 2 » pour le ressortir en relief.
  • Ce film visionnaire est toujours aussi efficace 26 ans après son tournage.
  • Le réalisateur de « Avatar » croit toujours autant à la 3D.

James Cameron donne un grand coup de neuf au génial Terminator 2 : Le jugement dernier(1990) avec cette nouvelle version restaurée. C’est maintenant en 3D relief qu’ Arnold Schwarzenegger part sauver Edward Furlong et Linda Hamilton. « I’ll be back » (« Je reviendrai »), promettait le héros du film. Il a tenu promesse de belle façon !

Le réalisateur d’Avataravait déjà revisité Titanic (1997) en relief en 2012. Grand défenseur de cette technique, il profite de la sortie en salles de T2-3D pour faire le point avec « 20 Minutes » sur l’avenir du relief au cinéma et à la télévision…

Pourquoi ressortir « Terminator 2 » en salles ?

J’aime l’idée que des spectateurs qui n’étaient pas nés au moment de la sortie du film puissent le découvrir sur grand écran dans les meilleures conditions possible. Avant la conversion en 3D, le directeur de la photographie Adam Greenberg et moi-même avons tout repris afin que l’image et le son soient encore plus beaux qu’il y a 26 ans.

Etes-vous nostalgique de cette époque ?

Je ne nierais pas avoir ressenti comme un pincement au cœur en revoyant Linda Hamilton, mon ex-femme, toute jeune dans certaines scènes. Nous étions des gamins à l’époque et nous avons tous pris de la bouteille depuis. C’était un peu comme de retomber sur de vieilles photos de famille. Sauf que mon ami Arnold Schwarzenegger m’impressionne encore plus en 3D.

Si vous deviez tourner le film aujourd’hui, le feriez-vous de la même façon ?

J’aurais sans doute davantage recours aux images de synthèse. J’éviterais par exemple de faire courir Arnold Schwarzenegger sur le toit du camion et le remplacerais par une doublure numérique car cette scène m’a valu de grands moments d’angoisse ! Cela dit, je trouve que les effets spéciaux supportent bien leur âge. Quand je pense que nous avions 42 plans en images de synthèse sur T2 et 2800 pour Avatar !

Comment expliquez-vous que « T2 » a si peu vieilli ?

Certaines innovations techniques qui semblaient révolutionnaires en 1991 existent aujourd’hui où les drones sont, notamment, monnaie courante. Même l’intelligence artificielle s’est développée. Quant au risque de guerre atomique, il est tristement d’actualité. C’est pour cela que le public de 2017 adhère toujours autant au film.

Quand avez-vous commencé à vous intéresser à la 3D ?

Quand j’ai découvert son efficacité sur l’attraction créée pour les parcs Universal en 1994. C’était un cocktail amusant qui mêlait film en relief et acteurs en chair et en os. C’est en voyant le résultat que je me suis dit que cette technique permettait une immersion totale du spectateur dans le film.

La 3D vous semble-t-elle suffisamment implantée dans les salles ?

J’avais prédit que tous les films seraient bientôt tournés en 3D et je me suis trompé. Idem pour la télévision où les retransmissions sportives en relief n’ont pas obtenu le succès que j’escomptais. Je pense aujourd’hui que c’est une question de choix. Certains réalisateurs comme Christopher Nolan ne ressentent pas le besoin d’utiliser le relief pour faire des œuvres spectaculaires.

Relive James Cameron's sci-fi masterpiece Terminator 2 in 3D starting August 25! #T23D

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Qu’en est-il de la 3D sans lunettes ?

Je pense qu’elle ne sera pas au point avant une bonne dizaine d’années. Pour l’instant, cela ne fonctionne que sur des écrans télé mais je ne doute pas du fait que nous finirons par obtenir un résultat satisfaisant sur grand écran. En attendant, je me consacre aux suites d’Avatar après avoir été bluffé par l’attraction consacrée à la saga qui vient d’ouvrir dans les parcs Disney : une pure merveille de laquelle j’ai vu les gens sortir en pleurant de joie.