Trois dessinateurs ayant collaboré à «Peur(s) du noir», film sur le thème des peurs enfantines, évoquent leur passage de la BD à l'animation.
· Charles Burns, Américain, auteur de la série «Black Hole»: «J'avais envie d'essayer quelque chose de nouveau après avoir passé trente années de ma vie assis seul devant ma page blanche. Je me suis inspiré d'une bande dessinée que j'ai écrite à mes débuts : une histoire d'insecte monstrueux qui me semblait convenir parfaitement au format court. Le processus collaboratif avec les techniciens m'a passionné ainsi que le fait de devoir me plier à l'écriture cinématographique. Mais au final, bien que cette expérience ait été parfaite, je dois admettre que je suis plus à l'aise seul devant ma feuille de papier.»
· Richard McGuire, Américain, auteur de «The Orange Book»: «Je m'étais déjà essayé à l'animation - un court-métrage de Loulou et autres loups - et cela m'avait beaucoup plu. Cette fois, le scénariste Michel Pirus m'a beaucoup aidé à mettre de l'ordre dans mes idées pour écrire l'histoire d'un personnage perdu dans le noir. L'animation, c'est comme la musique : il est capital de trouver un rythme. Et puis il y a la bande-son, particulièrement fouillée, qui nécessite un vrai travail d'équipe. J'ai tellement apprécié cette expérience que j'aimerais maintenant aller plus loin et, pourquoi pas, réaliser un long métrage... Mais en prises de vues réelles : ça prend moins de temps que l'animation.»
· Marie Caillou, Française, auteur de nombreuses publicités: «Je me suis inspirée de ma passion pour les films d'horreur japonais comme Ring et pour les mangas. J'avais déjà tourné des pubs et participé à l'anthologie d'animation Loulou et autres loups. Je n'étais donc pas une néophyte en matière d'animation. Pourtant, il y a toujours quelque chose de magique à voir son univers en mouvement et en volume. La grosse difficulté a consisté à animer mes dessins tout en respectant mon graphisme. Ça demande un travail énorme ! Et malgré cela, en plus des difficultés pour trouver des sources de financement, j'ai quand même bien envie de passer un jour au long métrage d'animation.»