«John Rambo», qui sort ce mercredi, permet à Sylvester Stallone d'endosser pour la quatrième fois le rôle de mercenaire... Entretien avec Sylvester Stallone, acteur, réalisateur et scénariste.
Pourquoi avoir attendu si longemps avant de réaliser un Rambo?
C'est une vraie bêtise! J'avais la flemme. Je ne voulais pas me lancer et je le regrette aujourd'hui. J'aurais dû le faire bien avant ! Je m'en veux d'avoir attendu.
Vous aviez peur de vous retrouver coincé entre Rocky et Rambo?
J'ai mis très longtemps à admettre que j'étais prisonnier de ces personnages. J'ai essayé de leur échapper et je n'y suis pas parvenu. Il m'a fallu accepter le fait que Rocky et Rambo, le héros positif et la machine à tuer, sont indissociables de ma carrière.
Duquel vous sentez-vous le plus proche?
Il y a sans doute un peu de moi dans chacun, mais je suis moins gentil que Rocky et moins dangereux que Rambo. Ce dernier n'est pas fréquentable: il massacrerait Rocky en dix secondes.
Pourquoi Rambo est-il si méchant?
Il a vu trop de choses atroces et il ne peut pas s'en remettre. C'est pour cela qu'il est furieux contre les missionnaires du film, inconscients du danger. Rambo sait à quelle brutalité ils s'exposent sans pouvoir se défendre. Il n'a plus confiance en l'être humain, bien qu'il soit toujours prêt à risquer sa vie pour sauver des innocents.
C'est pour cela qu'il est resté si populaire?
Je le crois! En fait, c'est une victime de la guerre, ce qui le rend attachant.
Quand avez-vous choisi de l'envoyer en Birmanie?
Lorsque j'ai découvert la réalité de ce pays. J'ignorais tout des massacres qui s'y déroulent et j'ai eu envie d'ouvrir les yeux du public sur ce sujet. On me reproche parfois la brutalité de mon film, mais je suis resté très éloigné de la vérité.
Reverrons-nous encore Rambo?
Je ne dis pas non. J'aimerais bien lui faire vivre des choses très différentes car j'en ai un peu marre de la guerre. J'aimerais le faire voyager dans le temps, mais il faudrait que les spectateurs soient prêts à le voir dans ce type de films.