Kiyoshi Kurosawa revient à ses premières amours avec Creepy (« Flippant » en anglais). Ce maître de l’angoisse renoue avec le cinéma de genre et plus précisément le polar anxiogène avec l’histoire d’un ex-flic, sa femme au foyer et leur voisin inquiétant. Cette adaptation d’un roman de Yutaka Maekawa (éditions d’Est en Ouest) est l’un des films les plus réussis de son auteur depuis fort longtemps. « Le livre m’a séduit par son originalité et par le fait qu’il pouvait donner lieu à un film peu cher », précise le cinéaste.

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Qui pourrait penser que le danger rôde dans un quartier apparemment tranquille ? « L’idée que le criminel qu’on recherche vit peut être tout près de chez soi », m’a amusé avoue le réalisateur dont dix films sont actuellement disponibles dans un beau coffret DVD chez Condor/Version originale.

20 Minutes s’est demandé quels éléments des précédents films de genre du cinéaste sont reconnaissables dans Creepy.

Une enquête intrigante comme dans « Shokuzai »

Le héros tente d’élucider la disparition d’une famille et se laisse petit à petit dévorer par cette énigme. Dans Shokuzai (2013) aussi, la disparition d’une gamine rendait son entourage fou de douleur jusqu’à la résolution du mystère des années après les faits.

Creepy de Kiyoshi Kurosawa
Creepy de Kiyoshi Kurosawa - Eurozoom

L’atmosphère fantastique dans « Cure »

« J’aime le fait qu’une histoire se transforme progressivement en quelque chose de fantastique », explique Kiyoshi Kurosawa. Comme dans Cure (1999), l’un des films qui l’a fait connaître en Occident, le cinéaste flirte avec le surnaturel pour faire monter la pression autour de ses personnages jusqu’à un dénouement déroutant.

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Les rapports de couple orageux dans « Séance »

Chaque membre du couple de héros voit les choses selon sa perspective. Entre la desperate housewife qui cafarde entre deux besognes ménagères et son époux ex-flic devenu prof qui trompe son ennui avec une vieille affaire, ce n’est pas vraiment la joie. Leur duo rappelle celui de Séance (2000), prêt à tout pour se faire des frissons.

La menace dans « Loft »

Le voisin incarné par l’excellent Teruyuki Kagawa (vu dans Shokuzai) a quelque chose de pas vraiment catholique qui pourrait bien faire sombrer la vie de l’héroïne délaissée dans le cauchemar comme c’était le cas pour la romancière de Loft (2005), victime confrontée à un étrange archéologue.

 

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