Terry Gilliam termine enfin son film «L'homme qui tua Don Quichotte», après 17 ans de galère

CINÉMA Le réalisateur a vécu un vrai calvaire pour achever son tournage, et est empétré dans une bataille juridique pour le sortir...

A.D. avec AFP

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Terry Gilliam à Cannes le 17 mai 2017.

Terry Gilliam à Cannes le 17 mai 2017. — NIVIERE/VILLARD/SIPA

Une histoire épique, tragique et comique comme le roman de Cervantès. Le réalisateur britannique Terry Gilliam a annoncé sur les réseaux sociaux avoir - enfin - terminé le tournage en Espagne et au Portugal de son film L’homme qui tua Don Quichotte, commencé en... 2000. « Après 17 ans, nous avons terminé le tournage de L’homme qui tua Don Quichotte », a écrit dimanche le cinéaste de 76 ans sur les réseaux sociaux Twitter et Facebook.

« Muchas gracias (merci beaucoup) à toute l’équipe et aux fidèles. Don Quichotte est vivant ! », a lancé le réalisateur de Brazil et L’Armée des douze singes, soulagé d’avoir fait le plein d’images pour ce long-métrage.

Une première tentative en 2000, plombée par une série de catastrophes

Une première tentative d’adaptation du roman du XVIIe siècle de l’Espagnol Miguel de Cervantès - avec l’Américain Johnny Depp et les Français Jean Rochefort et Vanessa Paradis - avait échoué en 2000 en Espagne.

Des pluies diluviennes avaient notamment transformé le lieu de tournage en marécage et détruit les décors. Quant à l’acteur français Jean Rochefort - qui devait jouer Don Quichotte - il avait souffert d’une hernie discale l’empêchant de monter à cheval, alors qu’il devait passer beaucoup de temps en selle… En novembre 2000, Gilliam avait dû interrompre le tournage.

Comble de malchance, Gilliam avait découvert en arrivant sur place que les avions à réaction d’une base voisine de l’Otan déclenchaient un vacarme assourdissant toutes les quinze minutes.

Un documentaire sur cet échec cuisant

Cet échec cuisant avait été immortalisé dans un documentaire, Lost in la Mancha (2002), de Keith Fulton et Louis Pepe, chargés à l’origine de tourner le making-of du film, transformé en drolatique « non-making of »…

Depuis, Gilliam refusait d’évoquer une quelconque « malédiction » pesant sur l’œuvre de Cervantès, à l’adaptation de laquelle Orson Welles avait dû renoncer. Envers et contre tout, l’ancien membre des célèbres humoristes Monthy Python s’était juré de mener à bien son projet.

Il s’est acharné durant des années pour monter ce projet maudit : en 2008, avec Robert Duvall et Ewan McGregor, en 2011 avec Robert Duvall et Owen Wilson, en 2013 avec John Hurt et Jack O’Connell, en 2016, avec Michael Palin et Adam Driver…

Le réalisateur avait annoncé finalement l’an dernier en plein Festival de Cannes, lors d’une conférence de presse commune avec le producteur portugais Paulo Branco la renaissance du projet, promettant un début de tournage pour octobre d’un film au budget de 17 millions d’euros. « Tourner ma version de Don Quichotte est une obligation médicale, c’est une tumeur cérébrale que je dois extirper », avait-il déclaré l’an dernier au journal espagnol El Pais.

Une nouvelle version avec Adam Driver et Jonathan Pryce

Dans la nouvelle version, l’acteur américain Adam Driver (Star Wars : le Réveil de la Force, Paterson) incarne un publicitaire qui revient en Espagne et retrouve un homme qui se prend pour Don Quichotte (incarné par le comédien britannique Jonathan Pryce, le héros de Brazil). L’actrice française d’origine ukrainienne Olga Kurylenko fait également partie du casting.

Le projet est toujours maudit

Après 17 ans d’errance et de batailles contre de nombreux moulins, le cinéaste a bouclé ses prises de vues, mais les ennuis ne sont pas finis. Le cinéaste est aux prises avec Paulo Branco, qui affirmait, dans un communiqué de sa société Alfama Films (basée à Paris) et publié le 19 mai dernier, avoir gagné un procès concernant les droits d’exploitation du film de Terry Gilliam.

Le cinéaste s’est tourné, alors que Paulo Branco n’avait pas réuni les 17 millions d'euros promis, vers une autre société de production portugaise, Ukbar Filmes. L’homme qui tua Don Quichotte, qui n’a toujours pas de date de sortie, promet une belle bataille juridique à Terry Gilliam.

 

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