Faute d'amour d'Andrei Zvyagintsev
Faute d'amour d'Andrei Zvyagintsev - Pyramide Films
Lancer le diaporama

Et si la fugue était le premier thème de ce 70e Festival de Cannes ?

Dans Faute d’amour d’Andrei Zvyagintsev, un gamin quitte la maison en raison du divorce de ses parents qui veulent l’envoyer en internat. Dans Wonderstruck de Todd Haynes, deux enfants prennent aussi la poudre d’escampette. Espérons que cela ne donnera pas des envies d’escapade au jury…

Premier film en compétition, Faute d’amour permet au réalisateur de Leviathan (2014) de signer une œuvre glaciale, un Papa ou Maman (sans les gags) sous l’ère Poutine. Il suit un couple en instance de divorce qui va pousser son fils à fuir du fait de son indifférence. Dans Wonderstruck, Todd Haynes suit deux jeunes fugueurs à New York, l’une en 1927, l’autre en 1977. La première veut voir sa mère, la seconde cherche son père. Tous les deux sont sourds, ce qui ne leur facilite pas la besogne.

Le froid ou le chaud

Ces deux histoires d’enfants dans la tourmente ont tout pour séduire Pedro Almodóvar et son jury. On peut prendre en grippe la mère mal aimante de Zvyagintsev, mais pas contester qu’elle est brillamment incarnée par la nouvelle venue Maryana Stavik, première candidate sérieuse au prix d’interprétation. L’exercice de style de Todd Haynes peut paraître un brin artificiel mais il est rehaussé par une superbe fin en animation.

Palme ou pas palme ?

Les deux films apparaissent d’ores et déjà comme des candidats sérieux à la récompense suprême. Le premier un peu plus que le second.

Et s’il serait amusant que le souci de la récompense suprême soit réglé dès le premier jour, rappelons que le jury ne comporte que neuf membres, souvent peu sensibles à l’applaudimètre de la salle.

Mots-clés :