Le Festival de Cannes bon pied, bon oeil: Je me lève ce jeudi en Russie, en Sicile et en chanson

DEUXIEME JOUR Les films de Cannes, on peut les attendre avec impatience ou avec l’assurance d’être déçu. Et si ça dépendait tout simplement de quel pied on s’est levé ?

De notre envoyée spéciale à Cannes, Caroline Vié

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Jeanne Balibar et Mathieu Amalric dans Barbara de Mathieu Amalric

Jeanne Balibar et Mathieu Amalric dans Barbara de Mathieu Amalric — Gaumont Distribution

Jeudi 18 mai. Je me lève du pied droit. Ma tartine va tomber côté pain. A moi les belles découvertes.

Je suis impatiente de voir Sans amour, réalisé par Andrei Zviaguintsev, l’un des meilleurs réalisateurs russes contemporains. Ses Elena (prix spécial du jury en 2011) et Léviathan (prix du scénario 2014) étaient magnifiques. Il a terminé ce nouvel opus juste à temps et son histoire de couple qui se déchire promet d’être fascinante.

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La Semaine de la critique ouvrira en beauté et en Sicile. Ils sont toujours sympas, les films projetés dans cette section parallèle. Il n’y a qu’à voir l’affiche où l’équipe de Grave, présenté l’an passé, a l’air de bien s’éclater, pour en être persuadé. Ce jeudi, on va découvrir Sicilian Ghost Story, un film de genre d’Antonio Piazza et Fabio Grassadonia qui promet de bons frissons.

De son côté, la Quinzaine des réalisateurs ouvrira ses festivités en glamour et en chansons. A peine passée la présentation des Fantômes d’Ismaël, Mathieu Amalric montrera sa nouvelle réalisation, Barbara, consacrée à un tournage sur la vie de la célèbre chanteuse. On va fredonner dans la salle en même temps que Jeanne Balibar, actrice au charisme digne de son modèle.

Jeudi 18 mai. Je me lève du pied gauche. Ma tartine tombera côté confiture et je quitterai ma chambre d’humeur mauvaise, le ventre creux.

Sans amour, c’est sûr que ce couple sur le point de se quitter ne va pas nous faire marrer ! Pourraient pas se séparer dans leur coin ces deux-là ? Le réalisateur russe Andrei Zviaguintsev dit s’être inspiré de Scènes de la vie conjugales d’Ingmar Bergman. Il ne se prend pas pour la moitié d’un verre de vodka !

En Sicile, il fait (trop) chaud. Et puis se retaper Roméo et Juliette, même au pays de la mafia, on a déjà vu ça cent fois. Pourraient pas s’entre-tuer dans leur coin ces deux-là ? Les fantômes siciliens, on imagine que ça sent l’ail…

Les chansons de Barbara, rien de tel pour vous déprimer. Pourrait pas pousser la chansonnette sous sa douche celle-là ? Ça sent l’ego trip de Mathieu Amalric à plein nez. Il se dirige lui-même en réalisateur. Dire qu’il va encore falloir se ruiner en mouchoirs et en antidépresseurs. Un aigle noir va planer sur la Croisette. Vite, un lance-pierre.