Ridley Scott: «J'avais peur que mon alien soit aussi racorni qu'une grosse dinde oubliée au four»

SCIENCE-FICTION Pour «20 Minutes», le réalisateur anglais est revenu sur la créature extraterrestre mythique...

Caroline Vié

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Ridley Scott sur le plateau d'Alien Covenant

Ridley Scott sur le plateau d'Alien Covenant — 20th Century Fox

Qui l’eut cru ? Ridley Scott n’était pas le premier choix pour réaliser Alien, le huitième passager en 1979. « Je suis arrivé bon dernier sur la liste, notamment après Robert Altman, se souvient-il. Je pense que tout le monde a refusé le film parce qu’il s’agissait d’une série B. Et moi-même, je n’ai accepté que pour l’argent ! » Alors qu’il vient de signer Alien : Covenant, la préquelle de ce qui est devenu un classique de la science-fiction, le cinéaste de 79 printemps parle de l’extraterrestre comme s’il s’agissait de son enfant.

« Alien est l’un des meilleurs monstres cinématographiques jamais créés, déclare-t-il à 20 Minutes. Quand je suis arrivé sur le projet, tout était déjà là, sauf le look de la créature. J’ai eu la chance de découvrir un dessin de H.R. Giger et de le convaincre de ne rien changer à son croquis, mais d’inventer un univers tout autour. »

Ce monde d’une beauté inquiétante n’a rien perdu de sa modernité près de quarante ans après le premier film. On prend un intense plaisir à y retourner avec, pour guide, un cinéaste maître de son sujet.

Rafraîchir l’alien

Sir Ridley plonge dans le vif du sujet en révélant les origines de l’extraterrestre bien longtemps avant qu’il tente de croquer Sigourney Weaver dans le premier film. « J’avais peur que mon alien soit aussi racorni qu’une grosse dinde oubliée au four, mais les réactions après Prometheus (2012) m’ont convaincu du contraire : les gens avaient envie d’en savoir plus cette créature que je ne peux me résoudre à qualifier de monstrueuse. »

Plus encore que les humains, c’est l’alien sous toutes ses formes qui donne son identité à la saga. On retrouve donc la bestiole originale mais aussi quelques petites innovations réjouissantes face à Michael Fassbender, Katherine Waterston et Billy Crudup.

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A la fois atroce et beau

« La difficulté était de se renouveler, d’autant plus que le premier film a été beaucoup copié », précise Ridley Scott qui offre son comptant de frissons au spectateur tandis que ses acteurs se transforment en chair à alien au cours de scènes virtuoses propres à réjouir les fans. « L’alien est à la fois atroce, beau, fascinant, organique, obscène comme certains serpents qui hypnotisent avant de vous tuer », décrit le réalisateur. Ridley Scott n’a pas fini avec son E.T. : il prépare déjà une suite à Alien : Covenant après avoir annoncé officiellement que la saga d’origine ne connaîtra pas de numéro 5.