«La Vengeresse»: Comment le cinéma d'animation moque l'Amérique de Trump

ANIMATION Jim Lujan explique comment Bill Plympton et lui-même ont signé une comédie d'animation provocatrice en toute indépendance...

Caroline Vié

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La Vengeresse de Bill Plympton et Jim Lujan

La Vengeresse de Bill Plympton et Jim Lujan — ED Distribution

Attention les yeux. Bill Plympton, électron libre du cinéma d’animation américain, est de retour avec un nouveau brûlot. La Vengeresse, c’est l’histoire d’un chasseur de primes lancés aux trousses d’une jeune femme libre qui peut mettre en péril un politicien véreux. C’est aussi un délire hilarant et inventif pour lequel maître Bill, réalisateur des Amants électriques (2014) et Des idiots et des anges (2009), s’est assuré la collaboration du réalisateur et scénariste Jim Lujan.

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« J’ai été un fan de Bill Plympton avant de travailler avec lui, confie ce dernier à 20 Minutes et je l’ai rencontré à une convention. Il a apprécié mon sens de l’humour et c’est ainsi que la vengeresse est née. » Très éloignée des codes des gros films de studio, cette production indépendante parle de sexe et de drogue en toute liberté.

Pleins feux sur les oubliés de l’Amérique

« J’ai créé un triangle de personnages aux motivations différentes au centre duquel se trouve Lana, une femme forte uniquement habitée par son désir de vengeance », explique Lujan. Cette fonceuse sème le trouble sur les routes californiennes où elle croise des oubliés de l’Amérique, marginaux tous plus fous les uns que les autres dont la présence fait un bien fou aux zygomatiques.

Une proposition alternative

Le film a été en grande partie financé sur le site participatif Kickstarter ainsi que par la vente d’œuvres originales de Plympton. « Notre cinéma n’est pas une façon de lutter contre le système, précise Lujan, mais une proposition alternative sur la façon de concrétiser nos idées. Si tant de gens s’investissent financièrement, c’est sans doute parce qu’ils ont envie devoir quelque chose de différent. »

Des personnages joyeusement difformes

L’esthétique volontairement dérangeante des personnages et des décors changent agréablement des films formatés. Ces silhouettes monstrueuses aux yeux souvent exorbités et aux traits tremblants font plus qu’amuser : elles séduisent par leur côté caricatural comme si les auteurs montraient les Etats-Unis de Donald Trump par le prisme de leur imagination aussi irrespectueuse que débordante.

Dépassés par la réalité

« La campagne de Trump et son élection ont fait une réalité de notre univers », reconnaît Jim Lujan. Il est impossible de ne pas penser à l’actuel locataire de la Maison-Blanche devant DeathFace, homme politique égocentrique et sans scrupule au passé chargé. On ne saurait trop conseiller de partager le trip de Bill Plympton et Jim Lujan, défenseurs d’un cinéma d’animation libertaire au dynamisme communicatif.