IMAX, Light Vibes, 4DX.. Les nouveaux formats et expériences de cinéma

SALLES OBSCURES La France accueille sa première salle 4DX, la preuve que spectateurs et exploitants sont à la recherche de nouvelles expériences de cinéma...

V. J.

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La France accueille sa première salle 4DX au Pathé La Villette à Paris

La France accueille sa première salle 4DX au Pathé La Villette à Paris — DR 4DX

IMAX, HFR, ICE, 4DX… Derrière ces termes barbares se cachent l’avenir du cinéma. Du cinéma en salle. En effet, alors que les modes de consommation ont évolué avec la multiplication des écrans et l’arrivée de nouveaux acteurs (Netflix pour n’en citer qu’un), les exploitants, mais également les réalisateurs, producteurs et distributeurs, cherchent à garder les spectateurs dans les salles obscures, et donc à faire plus que jamais de chaque séance un spectacle.

D’où la recherche d’une meilleure qualité d’image (le procédé EclairColor) et de son ( le Dolby Atmos), mais aussi d’une expérience de cinéma « nouvelle », « totale », « absolue »… choisissez le superlatif. Grâce à la révolution Avatar, et malgré un effet de mode opportuniste (tous les films sortaient en relief, convertis en postproduction), la 3D s’est imposée dans la majorité des circuits de salles, avec plus de discernement et le choix laissé au spectateur selon les séances. Alors que le Pathé La Villette à Paris accueille le première salle 4DX (KDékoi ?), 20 Minutes fait le point sur les nouveaux formats, technologies et expériences de cinéma.

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Le cinéma 4DX

Développée par une compagnie coréenne depuis 2009, la 4DX est la proposition de renouveler l’expérience cinéma la plus impressionnante, très proche de l’attraction. Mouvements du siège, vibrations du dossier, chatouillement des jambes, vent, brouillard, eau, éclairs, bulles… Ce sont près d’une vingtaine d’effets qui cherchent à plonger le spectateur au cœur de l’action. Mieux vaut alors agripper ses accoudoirs lorsque King Kong sort de sa tanière dans Skull Island ou que Vin Diesel donne un coup d’accélérateur dans Fast and Furious 8. Le dispositif est d’ailleurs tel qu’on a moins l’impression d’être au cinéma qu’à Disney ou au Futuroscope. Avec donc le risque de sortir du film, une impression confirmée par des spectateurs qui ont fini les deux heures de Kong épuisés.

« C’est parce que vous étiez à l’intensité maximale, pour vous donner le meilleur aperçu possible, le plus de sensations possibles, tempère Arnaud Surel, directeur du Pathé La Villette. Nous avons baissé l’intensité sur La Belle et la bête par exemple. » Depuis son ouverture début mars, la salle 4DX du Pathé La Villette, la première en France et la 370e au monde, affiche complet à toutes les séances. Alors qu’il faut tout de même débourser 20€. Cette semaine du 29 mars, il est ainsi possible de voir - et vivre - Kong : Skull Island, Ghost in the Shell et La Belle et la bête. La Belle et la bête et son odeur de rose. Car oui, si le 4DX français n’a pas l’effet neige et l’air chaud d’autres salles, il est bien équipé en odorama (c’est John Waters qui va être content).

Pour Arnaud Surel, le 4DX n’est pas l’avenir du cinéma, mais un avenir possible, une proposition originale au même titre que la 3D et l’IMAX. Eric Jolivalt, exploitant, confirme : « Le 7e Art est né dans les foires, et poursuit toujours cette idée de cinéma total, à l’instar de William Castle et ses gimmicks horrifiques. L’idée du cinéma comme grande messe est finalement assez neuve, et très française. Les deux doivent coexister. »

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Le format IMAX

Longtemps cantonné à la Géode, Futuroscope et autre parc Vulcania, l’IMAX est en train doucement mais sûrement de s’installer à travers le monde, et donc en France, sous l’impulsion de cinéastes comme Michael Bay et Christopher Nolan. On compte actuellement moins de dix salles en France, mais les cinémas Gaumont-Pathé ont signé un accord pour en ouvrir cinq nouvelles d’ici 2018. Avec sa pellicule 70mm contre l’habituel 35mm (mais on est depuis passé à la technologie numérique et à la projection laser), sa meilleure clarté et netteté et ses écrans géants (le plus grand est à Montpellier avec 375 m2), l’IMAX n’usurpe pas son nom d'« Image MAXimum » et tend à devenir le format premium de référence. Mais à l’instar de la 3D, attention au vrai faux IMAX et aux films gonflés en post-prod. Seuls quatre blockbusters ont ainsi été tournés - en partie - en IMAX : Transformers 2, Mission : Impossible 4, The Dark Knight et The Dark Knight Rises. Le nouveau Avengers : Infinity War sera le premier film à l’être intégralement.

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Le HFR ou toujours d’images par seconde

C’est le nouveau joujou des cinéastes, et casse-tête des exploitants. Avec son nombre d’images supérieure aux 24 images par seconde standard, le High Frame Rate (HFR) renforce la fluidité, le réalisme, l’immersion, ainsi que le confort pour la 3D. Enfin, en théorie, car les réactions sont très partagées en pratique, comme à la sortie de la trilogie du Hobbit en 48 images/seconde. Pour certains, le rendu rappelle celui d’un téléviseur haute fréquence mal réglé, tandis que d’autres embrassent cette « réalité nue, "full frontal", toutes lumières allumées », écrivait le journaliste Jacky Goldberg au sujet de Un jour dans la vie de Billy Lynn.

Il est l’un des rares à avoir vu le film d’Ang Lee dans son format d’origine (3D, 4K, HFR 120fps), disponible dans seulement six cinémas au monde. « Les grandes salles sont déjà ou en train de s’équiper pour projeter au-delà de 24 images/seconde, explique Eric Jolivalt. Mais le souci de Billy Lynn est qu’il n’est pas un blockbuster mais un film d’auteur, sorti en pleine La La Land mania, donc un exploitant ne pouvait pas prendre le risque de le programmer dans une grande salle et ne la remplir qu’à un tiers. » Que faire d’un film HFR lorsqu’il est en 3 ou 4e semaine et que la salle équipée n’est plus disponible ? La réponse, et la démocratisation du format, pourrait venir - encore une fois - de James Cameron qui prépare les suites d’Avatar en 60 images/seconde.

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Light Vibes

« IMAX, Dolby Vision, 4DX… Au lieu d’importer des formats existants, je me suis dit qu’il fallait créer le nôtre », annonce le directeur général des cinémas CGR, Jocelyn Bouyssy. C’est le concept ICE, en fait une salle premium avec les dernières avancées techniques (projection laser 4K, son Dolby Atmos) et des fauteuils clubs inclinables pour le confort. La vraie valeur ajoutée est la technologie Light Vibes développée par Philips et pas si éloignée du Ambilight de ses téléviseurs. Le film s’invite ainsi dans la salle, en couleurs, via des panneaux luminotextiles LED. Selon Jocelyn Bouyssy, le résultat est bluffant, tellement bluffant qu’il a convaincu Luc Besson de sortir son nouveau film, Valerian et la Cité des milles planètes, en Light Vibes en exclusivité mondiale dans 21 salles CGR, dont huit ICE. L’exploitant est d’ailleurs actuellement à Las Vegas au salon CinemaCon pour défendre son format, et devrait en croiser d’autres, dont le ScreenX et ses trois écrans. Et bientôt les films dont vous êtes le héros ?