Scarlett Johansson semble être née pour incarner le Major dans Ghost in the Shell de Rupert Sanders. L’actrice apporte sa plastique irréprochable et son charisme à ce robot guerrier dans lequel survivent le cerveau et l’âme - le fameux « ghost » - d’une jeune femme dont le corps aurait été détruit dans un attentat.

Dirigée par un supérieur bourru (Takeshi Kitano) et épaulée par un flic redoutable ( Pilou Asbæk), elle doit contrer un terroriste capable pirater l’esprit de ses victimes. Très détendue dans un grand hôtel parisien, la comédienne de 32 ans a parlé en toute simplicité de ses choix à 20 Minutes.

Avez-vous tout de suite été emballée par le rôle ?

En fait, j’ai beaucoup hésité quand Rupert Sanders me l’a proposé, car je venais d’avoir ma fille et je n’étais pas du tout sur cette longueur d’onde. Il est difficile de se projeter dans un personnage de robot quand on s’occupe de son bébé et qu’on est donc humaine jusqu’au bout des ongles.

Qu’est-ce qui a fini par vous convaincre ?

Cette histoire me hantait profondément et nous avons beaucoup discuté afin d’apporter de nouvelles dimensions au rôle de cette femme qui réfléchit sur ce qui rend chaque humain unique. Il était indispensable d’insister sur sa quête existentielle et sur les questions qu’elle se pose sur son passé pour que le spectateur puisse, comme moi, s’attacher à elle.

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Que pensez-vous des métamorphoses que subissent les êtres humains dans le film ?

Ces « améliorations » ont quelque chose d’effrayant et de fascinant à la fois… Mais ce n’est pas ce qui m’intéresse le plus dans cette histoire. C’est plutôt l’itinéraire d’une femme qui se demande ce qu’elle est et quelle est sa place dans un monde terriblement brutal, qui retient mon attention.

Avez-vous pensé à la Lucy de Luc Besson en l’incarnant ?

Je dois avoir un goût pour les femmes fortes et les héroïnes aux impressionnantes capacités physiques, c’est certain. C’est sans doute parce que le côté sportif de mon travail me protége de mes émotions. Je pense que ces personnages sont plus que cela. Leur apprentissage de l’humanité est toujours au centre du récit, ce qui les rend plus sexy que leurs scènes d’action.

Le triomphe de « Lucy » a-t-il changé votre carrière ?

C’est une chance inouïe. Le fait d’être bankable me permet de pousser des projets et des causes qui me tiennent à cœur. Je me bats notamment pour préserver le planning familial et les droits des femmes. On considère souvent tout cela comme acquis. J’estime qu’il faut rester très vigilant à ce sujet, comme sur celui de l’environnement qui me préoccupe énormément.

Vous considérez-vous comme une star du cinéma d’action ?

J’ai multiplié ce type de rôles et je vais continuer à en jouer, notamment dans les Avengers. Mais je ne vais pas tarder à prendre ma retraite dans ce domaine, car je commence à me fatiguer. Je me verrais bien incarner des personnages plus fragiles, voire une méchante. J’aime bien aussi l’idée de prêter ma voix comme dans Her de Spike Jonze ou Le livre de la jungle de Jon Favreau.

Et la chanson, c’est toujours d’actualité ?

J’ai trop de choses à faire en ce moment pour ajouter la musique à mes activités. J’ai quand même enregistré quelques chansons avec Pete Yorn car j’adore travailler avec lui. Mais, maintenant que je suis maman, ma principale priorité est ma fille de dix-huit mois qui me demande beaucoup d’attention et d’énergie.