Hugh Jackman: «Logan n'est pas un enfant de chœur, c'est une bête sauvage»

AVENTURES Hugh Jackman et James Mangold n’ont pas lésiné sur les scènes brutales dans le magnifique film de super-héros « Logan »…

De notre envoyée spéciale à Berlin, Caroline Vié

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Hugh Jackman dans Logan de James Mangold

Hugh Jackman dans Logan de James Mangold — 20th Century Fox

C'est un choix délibéré : l'acteur Hugh Jackman et le réalisateur James Mangold n'ont rien fait pour que les ultimes aventures de Wolverine soient accessibles à l'ensemble du pubic. C’est assorti d’une interdiction aux moins de 12 ans que le très crépusculaire Logan sort en France.

« Wolverine n’est pas un enfant de chœur, c’est une bête sauvage et nous avons voulu mettre en avant cet aspect de sa personnalité », explique Hugh Jackman à 20 Minutes. Dans cet opus, Logan n’hésite à sortir ses griffes et à faire gicler le sang pour défendre le professeur Xavier ( Patrick Stewart) et une gamine mutique mais redoutable (sublime Dafne Keen) aux lames aussi acérées que les siennes.

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Dès la première scène, le ton est donné quand Logan massacre joyeusement une bande de mauvais garçons dans un combat aussi brutal que superbement mis en scène.

Entre thriller et western

« Je savais que ce serait ma dernière chance de jouer à Logan. James Mangold et moi étions d’accord pour que le film soit un road-movie très dur et très émouvant, entre thriller et western. » Les références du duo sont Impitoyable de Clint Eastwood (1992) ou The Wrestler de Darren Aronofsky (2008), bien plus que le délirant Deadpool de Tim Miller (2016).

Un superhéros suicidaire

Logan et ses amis évoluent dans un monde âpre où chaque coup porte et fait vraiment mal. Même la mutante de onze printemps qu’ils recueillent au passage égorge et lacère avec une énergie digne de son aîné. « Nous voulions vraiment que le film mette l’accent sur la force des combats et la puissance des émotions, ajoute James Mangold. Le film est éprouvant visuellement, mais aussi psychologiquement, parce que Logan est persuadé que le monde serait meilleur sans lui. » Superhéros suicidaire, vieillard diminué et sauvageonne au regard hanté sont aussi attachants qu’inquiétants.

Dafne Keen dans Logan de James Mangold
Dafne Keen dans Logan de James Mangold - 20th Century Fox

Réalisme et émotion

Limitant les effets spéciaux au strict minimum, Jackman et Mangold ont misé sur le réalisme, ce qui renforce le côté sombre d’un homme capable de transpercer la tête d’un méchant d’un coup de griffes et d'accompagner son geste d'une giclée d’hémoglobine. « Tuer quelqu’un a un impact même s’il s’agit d’un individu peu recommandable, insiste Mangold. Logan est fatigué d’avoir à se battre. Il souffre du syndrome du vétéran incapable de retrouver sa place dans le civil. » Loin de la surenchère visuelle de la plupart de films de superhéros, cette excellente surprise clôt en beauté les aventures du plus torturé des X-Men.