Luc Jacquet: «L'Empereur est une bestiole dont le charme ne s'explique pas »

DOCUMENTAIRE Luc Jacquet explique pourquoi il est revenu en Antarctique pour filmer « L’Empereur », son sujet de prédilection…

Caroline Vié

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L'Empereur de Luc Jacquet

L'Empereur de Luc Jacquet — Daisy Gilardini/Disney Nature

Douze ans après La marche de l’empereur, Oscar du meilleur documentaire en 2005, Luc Jacquet revient sur la banquise pour filmer L’Empereur, l’histoire, racontée par Lambert Wilson, d’un jeune manchot qui revit l’épopée de son père dans les glaces de l’Antarctique.

« Si j’avais été raisonnable, je n’y serais probablement pas retourné, explique Luc Jacquet à 20 Minutes. J’étais conscient que je prenais le risque d’abîmer le succès incroyable du premier film mais j’avais envie d’aller plus loin dans ce que je fais partager au spectateur. » Des vues sous-marines d’une beauté ahurissante méritent à elles seules d’aller découvrir ce nouveau voyage.

Des images inédites

« Personne n’est choqué quand un peintre reprend toujours le même sujet comme Monet qui a peint la cathédrale d’Amiens sous toutes ses lumières », insiste le réalisateur d’Il était une forêt (2013) et La glace et le ciel (2015). Bénéficiant d’une équipe de onze personnes et d’un matériel plus sophistiqué que pour La marche de l’empereur, il éblouit en faisant notamment découvrir comment les manchots évoluent sous la banquise. « Ce sont des oiseaux de haute mer qui sont plus à l’aise quand ils nagent que quand ils marchent, » précise-t-il. Ces images inédites donnent l’impression que les manchots volent sous l’eau.

Offrir toujours mieux

S’il a largement contribué à relancer la mode du documentaire animalier au cinéma, Luc Jacquet n’a pas pour autant pris la grosse tête. « Je suis conscient qu’il existe maintenant une offre énorme, ce qui n’était pas le cas au moment de La marche de l’empereur, reconnait-il. Je demeure cependant persuadé que la salle de cinéma offre un plus au public et que la solution pour se démarquer est de bosser pour offrir toujours mieux. » Pari gagné : le spectateur se laisse immerger dans ces paysages somptueux.

Le charisme du manchot

Le manchot empereur bénéficie de ce qu’on pourrait appeler un « délit de bonne gueule » tant on ressent rapidement de l’empathie pour lui. « L’empereur est une bestiole dont le charme ne s’explique pas. C’est un fait qu’il est attachant et qu’on a envie d’en savoir davantage sur cet animal on est loin d’avoir percé tous les mystères. » Il faudra donc que Luc Jacquet reprenne ses moonboots, son anorak et ses caméras pour continuer à faire partager la magie qu’il sait si bien capter. Une perspective qui ne semble pas déplaire à l’intéressé.