Dane DeHaan dans A cure for life de Gore Verbinski
Dane DeHaan dans A cure for life de Gore Verbinski - 20 th Century Fox

Gore Verbinski ne s’en cache pas : avec A Cure for life, il a souhaité faire frissonner et réfléchir sur la société de consommation. Il y parvient en envoyant un loup de Wall Street  aux dents qui rayent le plancher à la recherche d’un confrère retiré dans une étrange clinique suisse.

Dane DeHaan, que l’on verra bientôt dans Valerian de Luc Besson, fait des merveilles de ce personnage profondément antipathique. «Le héros est un authentique salaud, un être cupide et sans scrupule, dit le réalisateur. Son comportement écœurant le fait immédiatement prendre en grippe et sa métamorphose n’en sera que plus spectaculaire. » La maladie mystérieuse qui ronge les patients âgés ne tarde pas à le menacer.

L'enfer du doute

Retenu prisonnier dans l’établissement par une jambe cassée, le jeune homme n’en continue pas moins son enquête pour retrouver le vieillard qu’il est venu chercher. « Au début de l’histoire, il est tout d’une pièce et pétri de certitudes quant à sa vie et à ses  désirs, confie Dane DeHaan à 20 Minutes.  Ce qu’il va trouver à la clinique va le changer du tout au tout en remettant en question les bases de son existence. » Une beauté virginale ( Mia Goth) et un professeur inquiétant ( Jason Isaacs) ne sont étrangers à sa prise de conscience.

Le prix de la réussite

« Aujourd’hui, les films d’horreurs sont souvent dépourvus de toute ambiguïté, insiste Gore Verbinski. A Cure for life se veut à l’inverse de cette tendance : chaque être s’y révèle beaucoup plus complexe que ce qu’il projette ce qui tend à accentuer le malaise du public. Nous nous sommes tous déjà demandé ce que réussir sa vie signifie et quel est le prix à payer pour cela.» Le réalisateur des premiers volets de Pirates des Caraïbes met les nerfs du spectateur à rude épreuve au point de finir par lui faire apprécier ce gamin paumé qui perd ses repères en même tant que son arrogance. 

Anguille dans caisson

Gore m’a fait suivre le même chemin que mon personnage, se souvient Dane DeHaan. J’ai parfaitement saisi sa vulnérabilité lors d’une scène très dure à tourner où il manque de se noyer dans un caisson d’isolation.» On a vraiment l'imoressent de perdre le souffle en même temps que lui pendant cette séquence impressionnante.Les apparitions régulières d’anguilles de toutes tailles dans les eaux de la clinique comme les disparitions des patients les plus âgés ajoutent encore au malaise provoqué par ce conte mis en scène avec virtuosité. «A Cure for life est une métaphore de notre monde en décompositon», martèle Gore Verbinski. Ceux qui pénètrent dans ces murs ne sont pas au bout de leur surprises.

 

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