Meryl Streep
Meryl Streep - WENN

Meryl Streep a reçu le Cecil B. DeMille Award lors de la cérémonie des Golden Globes qui se déroulait hier à Hollywood. Plutôt que revenir longuement sur sa carrière et ses souvenirs de comédienne, elle a préféré marquer le coup en s’en prenant directement à Donald Trump… sans jamais le citer. « Il faudra m’excuser. J’ai perdu ma voix à force de hurler ce week-end et j’ai perdu la tête un peu plus tôt dans l’année, donc, je vais lire », a-t-elle confié pour entamer son long discours à charge.

Après avoir évoqué son admiration pour de nombreuses célébrités nommées lors de la cérémonie, elle s’est arrêtée précisément sur une « prestation » qui l’avait particulièrement « frappée » l’année dernière. « Elle m’a prise au cœur. Pas grâce à sa qualité ; parce qu’on en était loin. Mais parce qu’elle était efficace, et qu’elle faisait le boulot. Les gens ont ri, comme prévu. Je parle de ce moment où la personne qui s’apprête à s’asseoir dans le fauteuil le plus important du pays s’est lancée dans l’imitation d’une personne handicapée, a-t-elle raconté, en faisant référence à un haut fait de Donald Trump, qui s’était moqué, au moment de sa campagne, d’un journaliste du New York Times handicapé. Quelqu’un qui n’avait ni le privilège, ni le pouvoir, ni la capacité de pouvoir répondre. Ça m’a brisé le cœur quand je l’ai vu, et je n’arrive pas à le sortir de ma tête, parce que ce n’était pas un film. C’était la vraie vie. Et cet instinct d’humiliation, quand il est porté par une personnalité publique, avec un tel pouvoir, se transmet chez tout le monde, parce qu’il autorise les gens à agir de la même manière. Le manque de respect pousse au manque de respect, la violence invite à la violence. Et quand les puissants abusent de leur position pour humilier les autres, nous sommes tous perdants. »

La réponse de Donald Trump

En célébrant tous les comédiens présents lors de la cérémonie, Meryl Streep n’a pas non plus manqué d’évoquer leurs origines – parfois étrangères – pour rappeler que le cinéma avait beaucoup à gagner des cultures extérieures aux Etats-Unis. Une autre attaque à l’encontre du nouveau président des Etats-Unis, qui lui a permis de préciser que sans ces comédiens étrangers, le pays n’aurait plus droit qu’à « du sport et du free fight ».

Applaudi par la salle hilare, le discours de la comédienne n’a pas forcément plu aux internautes aux sensibilités politiques différentes des siennes. Et un journaliste n’a pas tardé à aller prendre le pouls du côté de Donald Trump pour recueillir son sentiment après les mots particulièrement durs de Meryl Streep, qui n’a jamais caché son attachement à Hillary Clinton. Bien qu’il ait confié au New York Times qu’il n’avait « pas vu » la cérémonie, il a précisé qu’il n’était « pas surpris » d’être la cible de l’industrie du cinéma « libérale ». Il s’est tout de même défendu des critiques de Meryl Streep. « Je ne me suis jamais moqué de personne. Je remettais en question les propos d’un journaliste qui avait transformé sa version d’une histoire, a-t-il expliqué. Les gens n’arrêtent pas de dire que je me moquais du handicap de ce journaliste – comme si Meryl Streep et les autres avaient le don de lire dans mes pensées – mais ce n’est pas le cas. Et souvenez-vous que Meryl Streep a présenté Hillary Clinton lors de sa convention. Et beaucoup de ces gens ont soutenu Hillary. »

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Deux réponses valant mieux qu’une, Donald Trump a également enfoncé le clou sur son compte Twitter. Il s’en est pris à l’actrice, mais aussi aux médias, avec sa verve habituelle. « Meryl Streep, l’une des actrices les plus surestimées de Hollywood, ne me connaît pas mais m’a attaqué hier aux Golden Globes. C’est un laquais de Hillary (Clinton) qui a perdu gros. Pour la 100e fois, je ne me suis pas moqué d’un journaliste handicapé (je ne ferai jamais ça), mais je lui ai juste montré qu’il s’est "mis à plat ventre" en changeant 16 fois l’histoire qu’il avait écrite pour me faire paraître nul. Encore plus de médias malhonnêtes ! » a-t-il écrit.

Si la guerre était déjà déclarée entre Hollywood et Donald Trump, Meryl Streep est montée en première ligne, alors que l’investiture du successeur très controversé de Barack Obama se déroulera le 20 janvier.

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