Lisa Azuelos: Dalida a vécu «une tragédie grecque qu'on trouverait exagérée dans une fiction»

BIOPIC La réalisatrice de «LOL» décrit la star comme une icône et une grande amoureuse marquée par le destin...

Caroline Vié

— 

Sveva Alviti dans Dalida de Lisa Azuelos

Sveva Alviti dans Dalida de Lisa Azuelos — Luc Roux/Pathé distribution

Dans Dalida, Lisa Azuelos et l’extraordinaire découverte Sveva Alviti redonnent vie à la chanteuse qui a mis fin à ses jours en 1987. La réalisatrice et la comédienne ont mis l’accent sur les drames intimes d’une femme qui a été marquée par de nombreux drames dans sa vie privée, en marge de son triomphe professionnel.

Yolanda Gigliotti (1933-1987) alias Dalida a vu mourir trois de ses amoureux dans des circonstances dramatiques. « Elle disait que les hommes se couchent avec Dalida et se réveillent à côté de Yolanda, explique Lisa Azuelos à 20 Minutes. Elle a toujours été déchirée entre ces deux personnalités : la publique et la privée. »

Une chanteuse indémodable

« Dalida est aussi indémodable que Joe Dassin ou Claude François, peut-être parce que ses chansons ont un côté festif qui nous renvoie à une meilleure version de nous-même », réfléchit Lisa Azuelos. Les tubes de la star sont évidemment présents dans une bande-son où l'on redécouvre aussi des airs moins connus. « Sa voix avait une puissance incroyable qui provoquait de profondes émotions et son registre ne se limitait pas au Disco qu’on diffuse encore dans les boîtes de nuit. » Des reprises comme Bang Bang ou Je suis malade font passer des frissons dans le dos.

Une héroïne tragique

La réalisatrice de LOL (2008) et d’Une rencontre (2014) a été épaulée par Orlando, frère, confident et producteur de la star pour ce biopic dans lequel il est incarné par Richard Scamarcio. « «La vie de Dalida est une tragédie grecque qu'on trouverait exagérée dans une fiction», explique Lisa Azuelos. La cinéaste, fille de Marie Laforêt, était en terrain connu au moment de dépeindre la vie d’une star de la variété. « Ce film était aussi une façon de rendre hommage à ma mère et à l'époque de sa gloire, reconnaît-elle. Comme je l'avais vue chercher l'équilibre entre la chanson et sa vie de femms, je pouvais comprendre ce qu’a vécu Dalida. »

L’amour avant tout

Lisa Azuelos a pris fait et cause pour la chanteuse à laquelle elle reconnaît s’être identifiée.«Dans sa dernière lettre, elle a écrit qu’elle ne supportait plus la vie et demandé qu’on lui pardonne. Je me suis sentie investie de cette mission : faire qu'on lui pardonne son geste.»

Le triste destin de la chanteuse éclipse presque sa carrière brillante. « Ce qui compte, c’est l’amour plus que le boulot. C’est d’un manque d’amour que Dalida est morte parce qu’elle ne s’aimait pas », martèle Lisa Azuelos. Son film plonge dans les failles d’une icône qui fut d'abord une femme.