Royalty Higthtower dans The Fits d'Anna Rose Holmer
Royalty Higthtower dans The Fits d'Anna Rose Holmer - ARP Sélection

Applaudi à Sundance, récompensé par la critique au Festival de Deauville, The Fits d' Anna Rose Holmer est une œuvre singulière à plus d’un titre. La réalisatrice, spécialisée dans les documentaires sur la danse, livre une première fiction atypique sur l’adolescence au féminin.

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Dans une salle de sport, de très jeunes filles sont victimes de crises étranges (les « Fits » ou « attaques » qui donnent son titre au film). Une gamine adepte de boxe (formidable Royalty Hightower) les rejoint dans la pratique du hip-hop et découvre ce phénomène inexplicable qu’elle redoute tout autant qu’elle le désire.

Ce moment troublant de la féminité

« Ce que je décris dans le film n’est pas tout à fait de la fiction, explique la réalisatrice à 20 Minutes. Dans certaines écoles, on a pu constater ce type de comportements en chaîne chez des gamines prépubères. Ce n’est pas courant, mais cela existe. » Ce qui est encore moins ordinaire, c’est la façon dont Anna Rose Holmer transpose la métamorphose de ces femmes en devenir en expérience multisensorielle.

« Les sensations me semblaient plus importantes qu’une narration classique, insiste-t-elle. Je voulais communiquer le trouble de l’adolescence, faire ressentir le moment charnière où on abandonne l’enfance avec ce que cela comporte de terrifiant. » Ce poème aux images sublimes déroute puis envoûte en mettant le spectateur dans la peau d’une môme à la fois fascinée et effrayée par ce que vivent ses compagnes.

A bout de souffle

Une bande-son remarquable ajoute à l’atmosphère oppressante de The Fits. « L’idée était de communiquer ce qui se passe à l’intérieur du corps de la jeune fille et de donner au spectateur l’impression qu’il le vit en même temps qu’elle. » Son utilisation d’engistrements médicaux, filtrant les sons extérieurs, fonctionne si bien qu’on se sent à bout de souffle en même temps que l’héroïne en plein entraînement.

De son passé de documentariste, Anne Rose Holmer a conservé un don époustouflant pour capter les mouvements de chrorégraphies aussi physiques que virtuoses. « Ce film m’a donné le goût de la fiction même si je sais que je n’aurais pas toujours autant de liberté », précise celle qui avoue que ses influences vont de David Lynch à Lucile Hadzihalilovic. The Fits prouve au moins qu’une cinéaste prometteuse est née. Vivement la suite !

 

 

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