Zoologie d'Ivan Tverdovskiy
Zoologie d'Ivan Tverdovskiy - Arizona Distribution

Le vendredi au Festival de cinéma européen des Arcs, c’est un peu comme le vendredi des écoles de ski, l’heure du bilan et des récompenses. On n’y décerne pas des étoiles, des flèches ou des chamois, mais des trophées tout aussi affriolants.

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Parmi eux, le prix 20 Minutes d’audace, qui scelle le partenariat récemment conclu entre le festival et votre média préféré. Son but : récompenser le plus audacieux des dix films inscrits en compétition.

Et à ce petit jeu, notre jury de six journalistes appartenant aux différents services de la rédaction a décerné son prix à… (roulements de tambours) :

Zoologie d’Ivan Tverdovskiy

Il s’agit d’un drame mi-réaliste, mi-fantastique, sorte de croisement monstrueux entre Tchekhov et Cronenberg, où une femme affublée d’une queue dans le bas du dos se retrouve à ne pas trop savoir qu’en faire…

Ce film touchant, qui a surpris le jury de 20 Minutes par son alternance de scènes cocasses et tragiques, correspond parfaitement à l’idée que l’on peut se faire de l’audace : une « hardiesse qui ne connaît ni obstacle, ni limite », selon la définition du Larousse.

Au-delà de sa singularité, il s'agit d'une fable cruelle mâtinée d’humour et de fantaisie, qui traite de la différence et de l’acceptation, ou non, des singularités de chacun.

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Un thème pour le moins universel, non dépourvu dans le contexte de la Russie d’aujourd’hui, de résonances politiques.

Le voile levé sur nos délibérations

Si Zoologie s’est imposé par sa cohérence avec l’intitulé du prix 20 Minutes d’audace, trois autres films auraient pu prétendre remporter cette même récompense et sont souvent revenus dans la discussion au cours de nos délibérations. Il s’agit de :

Glory, fable sociale bulgare sur le cynisme de classe dans nos sociétés modernes, pour sa séquence hallucinante où un cheminot accueilli en héros au ministère des transports se retrouve in fine délesté de sa montre, son bien le plus précieux, et de son pantalon.

Clair Obscur, ode féministe turque dotée d’une séquence très forte où une psychiatre invite une jeune veuve à raconter, avec les objets présents dans son cabinet, comment elle s’est retrouvée mariée de force.

Et du film belge Home, pour sa scène incestueuse aussi brève que crue.

Ces trois derniers films, en plus de notre prix 20Minutes d’audace, ont également été primés par d'autres jury.

Glory a remporté la Flèche de Cristal du jury présidé par Radu Mihaileanu, ainsi que le prix de la Presse.

Home a reçu le Grand Prix du jury.

Les deux actrices et la réalisatrice de Clair Obscur ont reçu une mention spéciale du jury de la Presse.

Et Zoologie s’est vu décerner, en plus de notre Prix 20 Minutes d’audace, une mention spéciale du jury Jeune.

Sous le soleil exactement

Si le soleil était au rendez-vous sur les pistes de la station qui viennent d’ouvrir, il faisait chaud dans les salles où le Festival de cinéma européen des Arcs a présenté plus de cent films, pour la plupart inédits en France, dressant ainsi, pour les organisateurs, « un panorama le plus exhaustif possible du cinéma européen ».

Les lieux les plus emblématiques du festival n’ont pas désempli, de L’Igloo, vaste caverne de neige et de glace accessible en ski, où l’on peut on regarder des courts-métrages tout en sirotant un verre de vin chaud, au Bar O chaud, lieu festif et chaleureux où ce qu’il restait en fin de soirée de festivaliers vaillants se déhanchait gaiement.

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Sans oublier, pour les plus sportifs, L’Aiguille Rouge perchée à 3226 mètres face au Mont-Blanc, dont le poste de secours a accueilli la plus haute projection de cinéma d’Europe (du film Snow Therapy) en 2014.

Cette fois en 2016, on a pu croiser des personnalités aussi variées que Ramzy Bédia, Bertrand Bonello, Valeria Golino ou Valeria Bruni Tedeschi, tandis que Grand Corps Malade, le groupe La Femme et The Pirouettes ont assuré les concerts d’ouverture et de cloture…

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Avec une estimation (à ce jour) de 21.000 entrées, cette huitième édition s’inscrit dans une nouvelle hausse de fréquentation. Plus de 700 professionnels (producteurs, réalisateurs, scénaristes, distributeurs, exploitants…) se sont retrouvés au Village des Coproductions Arc 1950, au Village des Ecoles, au Work In Progress et pour le Sommet des Arcs.

La forte croissance de l’affluence du public et des professionnels confirme que, pour les organisateurs, que « le festival est devenu un lieu de rencontre, d’innovation, de créativité, de diffusion et de divertissement majeur pour le cinéma européen ».

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